Lille : des dockers sur le banc des accusés pour un trafic de drogue à 4,5 millions d'euros

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yacha Hajzler
Un transporteur de marchandises au large de Calais - Photo d'illustration
Un transporteur de marchandises au large de Calais - Photo d'illustration © Frédérik Giltay / France Télévisions

Les "petites mains" d'un réseau international de trafic de drogue et de cocaïne, dont plusieurs dockers, sont sur le banc des accusés dans le procès qui s'est ouvert à Lille ce 22 novembre. En 2020, un autre docker impliqué avait été assassiné. Les têtes du réseau seront jugées courant 2022.

Le procès de neuf personnes dans une affaire de trafic de cocaïne et de cannabis dans le port du Havre s'est ouvert ce lundi 22 novembre, à Lille. Plusieurs dockers sont sur le banc des accusés pour avoir assuré le transport de cette marchandise illicite. Plus d'1,8 tonne de cocaïne et 445 kg de résine de cannabis avaient été saisis dans le cadre de l'enquête.

Un trafic à 4,5 millions par an

La présidente de la formation correctionnelle de la juridiction interrégionale spécialisée de Lille (JIRS), Audrey Bailleul, a rappelé l'ampleur de ce réseau, qui générait 4,5 millions d'euros de chiffre d'affaire grâce à une collaboration entre des trafiquants d'Amérque Latine, des Antilles et de la France continentale. L'argent du trafic de cocaïne était dissimulé dans des conteneurs, au milieu de marchandises déclarées, et réinvesti à l'arrivée dans un trafic de résine de cannabis. Un montage à la "rentabilité exponentielle"

Deux autres personnes doivent encore être jugées à partir du 1er février, leur avocate ayant été retenue par un autre procès. Les têtes pensantes du trafic seront jugées ultérieurement, a priori en 2022, par une cour d'assises spéciale.

Assassinat d'un docker en 2020 : "la concurrence est rude"

L'un des plus lourds volets de l'affaire n'a pas encore pu être abordé, car toujours en cours d'instruction : l'enlèvement et le meurtre d'un docker, en 2020. L'homme était lui-même mis en examen depuis 2018 pour sa participation à ce réseau de trafiquants. Une information judiciaire du chef "d’arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivi de mort en bande organisée" avait été ouverte, instruite par la JIRS. S'il niait sa participation, le docker avait livré un descriptif du mode opératoire du réseau, ensuite confirmé par des mises sous écoute.

Pour ce "marché juteux, (...) la concurrence est rude", il y a des "trahisons", a souligné la magistrate, indiquant que des achats d'armes et des "projets d'assassinats contre des équipes concurrentes" apparaissent de façon récurrente dans les écoutes.

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