Martine Aubry invitée de “Dimanche en Politique” : neuf déclarations à retenir

Martine Aubry est candidate à un quatrième mandat / © France 3 Hauts-de-France
Martine Aubry est candidate à un quatrième mandat / © France 3 Hauts-de-France

Martine Aubry, la maire sortante de Lille et candidate à sa réélection était l'invitée de Véronique Marchand et de Stéphane Barbereau dans l'émission "Dimanche en Politique". L'émission est diffusée ce dimanche à 11h25. Voici ce qu'il faut en retenir. 

Par Nicolas Coadou avec Véronique Marchand

 1. Sur le cumul des mandats : "J'ai toujours respecté les règles légales de mon parti"

Au regard du réglement intérieur du parti socialiste, Martine Aubry, alors première secrétaire du parti de Solférino entérine l'interdiction du cumul de plus de trois mandats municipaux, soit 18 ans. Or, la maire sortante de Lille vient de se présenter pour un quatrième mandat, ce qui, si elle est élue, porterait la durée totale de ses mandats à 24 ans.

Une contradiction que n'ont pas manqué de souligner ses adversaires politiques. Pour la dame des 35 heures, aucun problème : "Aucune loi n'est rétroactive. Vous inquiétez pas, je pourrais partir pour deux mandats, mais je pars pour un mandat. j'ai toujours respecté les règles légales et les règles de mon parti, ce n'est pas moi qui vais faire une écorchure dans cela"
 
Martine Aubry : "J'ai toujours respecté les règles légales de mon parti"
 

2. À propos de son âge : "Il faut rester quand on a la conviction qu'on a les réponses"


Véronique Marchand a pris toutes (et plus encore) les précautions nécessaire avant de poser LA question qui fache, celle de l'âge : "Certains se facheraient de cette question, à mon avis pas vous, qui êtes militantes de l'égalité entre les hommes et les femmes". À presque 70 ans, la maire de Lille, si les électeurs décident de lui renouveler leur confiance, pourrait rester à la tête de beffroi jusqu'à 75 ans.

Pour l'édile, aucun problème : "Je me sens en forme". Martine Aubry joue la carte de l'expérience et de la connaissance des dossiers. "Je pense qu'aujourd'hui il faut vraiment tenir le cap dans un moment très difficile (...) il faut rester quand on a la conviction qu'on a les réponses. Je ne pense pas avoir réponse à tout, mais je pense avoir une belle vision de notre ville". 
 
Martine Aubry : "il faut rester quand on a la conviction qu'on a les réponses"


3. Sur Patrick Kanner : "On n'a pas le même caractère, mais on a toujours su se réunir quand c'était nécessaire"

Patrick Kanner, l'ancien adjoint de Martine Aubry, ancien ministre de François Hollande, fera t-il partie de la liste municipale de la maire de Lille ? "Je ne crois pas que la question se pose, il a aujourd'hui une mission très importante", répond la principale intéressée. Patrick Kanner est le patron du groupe socialiste dans la chambre haute, et Martine Aubry semble très satisfaite de son travail : "On a rarement entendu parler des socialistes au Sénat. Et aujourd'hui, on l'entend parler, en l'entend dire ce qu'il pense de la politique de M. Macron".

C'est donc un message d'ouverture qu'a délivré la maire de Lille.  "Plus je pourrai l'accompagner dans es missions nationales, plus je le ferai. Et lui, il nous accompagnera" abonde t-elle.  "Il fera un bon président de région dans deux ans?" l'interrompt Stéphane Barbereau. Réponse de l'édile ? "Ecoutez, on est en train de préparer les municipales, si il le décide, je le soutiendrai" 
 
Martine Aubry sur Patrick Kanner : "On a toujours su se réunir quand c'était nécessaire"


4. Sur Yves Durand : "Est-ce que je peux vous dire que pour ceux dont on parle, ça ne m'étonne pas. Point" 

Particularité Lilloise, les communes de Hellemmes et de Lomme sont rattachées à la capitale des Flandres. A quelques mois des élections, l'ancien maire socialiste de Lomme, Yves Durand soutient la rivale (et ancienne directrice de cabinet) de Martine Aubry, la candidate encartée la République en Marche (LREM), Violette Spillebout.

"Ça vous attriste de voir ce qu'est devenue la famille socialiste lilloise ?" assène Véronique Marchand. Martine Aubry ne se démonte pas, en envoie un tacle glissé tout en finesse à ses anciens alliés : "Est-ce que je peux vous dire que pour ceux dont on parle, ça ne m'étonne pas. Point, voilà. Et de reprendre, je sais où sont ceux qui ont toujours défendu ses valeurs et jamais recherché d'ambition personnelle"
 
" Est-ce que je peux vous dire que pour ceux dont on parle, ça ne m'étonne pas. Point"


5. Suppression progressive de la taxe d'habitation : "C'est vraiment grave (...) Si Pierre Mauroy voyait ça, je pense qu'il hurlerait" 
 

C'est la mesure phare du gouvernement pour baisser les charges sur les ménages, la suppression progressive de la taxe d'habitation. Problème, cet impôt représente l'essentiel des recettes de fonctionnement des communes. un "cadeau" fiscal donc, dont la charge reposerait sur les villes.

La maire de Lille n'est pas d'accord : "Je comprends qu'après les avoir matraqués, on veuille aider les classes moyennes. Mais ce n'est pas en prenant sur les impôts locaux. Chaque fois que le gouvernement veut régler un problème, il le renvoit vers les collectivités locales". Martine Aubry invite donc M. Macron, à "s'occuper de sa fiscalité".

Elle abonde même : "Il a bien sûr fait une fiscalité très favorable aux plus riches (...) si on veut aider les classes moyennes, et je crois que c'est utile aujourd'hui, pourquoi prendre dans les impôts locaux?
 
Suppression progressive de la taxe d'habitation : "Si Pierre Mauroy voyait ça, il hurlerait"


6. Sur la vidéosurveillance urbaine : "C'est la présence humaine qui permet qu'on règle les problèmes aujourd'hui" 

C'est une critique récurrante de la droite : ils demandent la généralisation d'un système de vidéosurveillance sur la commune. Martine Aubry persiste et signe : "c'est la présence humaine qui permet qu'on règle les problèmes aujourd'hui".

Arguant l'efficacité de la police de proximité sur le quartier de Fives, la maire de Lille ajoute que la capitale des Flandres possède déjà plus de 6000 caméras de surveillance (en comptant celles des transports). "Je connais chaque hall d'immeuble, et nous décidons ensemble où nous mettons (...) moi je suis pour la vidéoprotection". Généraliser la vidéosurveillance en milieu urbain est un souhait de sa concurrente Violette Spillebout. 
 
Vidéo-surveillance : "c'est la présence humaine qui permet qu'on règle les problèmes aujourd'hui"


7. Violences sexistes et sexuelles : "Donnons plus de moyens aux associations" 


136. le chiffre fait froid dans le dos mais il est bien réel : depuis le début de l'année, 136 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Si le gouvernement et la ministre de la Justice Nicole Belloubet ont reconnu "des dysfonctionnements dans la chaîne pénale", tout un "travail au niveau local" reste à faire explique Martine Aubry : "On a un lieu d'accueil à la mairie, par ailleurs, on a tout un réseau d'associations pour accuillir les femmes, les aider. On voit bien que dans la plupart des ca soù il y a eu un décès, ces femmes avaient porté plainte".

La maire de Lille prend l'exemple de l'Espagne, où les femmes possèdent un bracelet électronique, qui empêche tout rapprochement avec un conjoint violent, "c'est une idée qui fonctionne" détaille l'édile. En résumé : "essayons de trouver des solutions mais donnons plus de moyens aux associations".

 
Violences sexistes et sexuelles : "donnons plus de moyens aux associations"
 

8. Spillebout veut rendre la cantine gratuite : "une annonce un peu démago" 


La candidate de la république en Marche, Violette Spillebout, a annoncé sa première mesure de campagne : rendre gratuite la cantine pour tous les élèves de la ville.
 

Pour Martine Aubry, en substance, il s'agit d'une mesure assez inégalitaire. "46% des enfants payent 1 euros ou moins d'un euros. 29% payent moins de 50 centimes. pour un repas qui nous coûte onze euros. ceux qui payent le plus payent 4.75 euros, on peut pas dire qu'on matraque les catégories les plus élevées", se défend la maire de Lille.

En 2008, Martine Aubry a divisé le prix de la cantine par deux, car elle a vu "que des enfants n'y venaient plus". Pis"ce serait un cadeau de 87 euros pour les plus pauvres, et de 826 euros pour les plus riches". En somme, selon la maire de Lille, plus "une annonce un peu démago" qu'une véritable "proposition de justice sociale".
 
Spillebout veut rendre la cantine gratuite : "une annonce un peu démago"

  

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