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Edouard Philippe à Eppe-Sauvage pour soutenir le petit commerce et la jeunesse devant les maires ruraux

Edouard Philippe à Eppe-Sauvage ce vendredi / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Edouard Philippe à Eppe-Sauvage ce vendredi / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Le Premier ministre est dans le Nord ce vendredi.

Par AFP

Edouard Philippe a présenté vendredi des dizaines de mesures pour soutenir les petits commerces et la jeunesse dans des territoires ruraux souvent
frappés par un sentiment d'abandon mis en évidence par la crise des "gilets jaunes". L'Association des maires ruraux (AMRF), à l'origine de ce programme par ses propositions formulées mi-juillet, en a découvert les contours en ouverture de son congrès annuel à Eppe-Sauvage (Nord), la commune qui abrite le Val Joly.

"Cet agenda rural, il est pour nous essentiel", a dit en ouverture de ce congrès Vanik Berbérian, président de l'AMRF, car "il faut oser s'émanciper de 40 ans de jacobinisme qui ont corseté le pays". L'exécutif a choisi de donner suite à 173 des 200 mesures proposées. Matignon assure que "c'est la première fois qu'on a un plan aussi large pour les territoires ruraux".
Edouard Philippe à Eppe-Sauvage (Nord) devant les maires ruraux


Devant environ 300 maires ruraux, Edouard Philippe a dit vendredi vouloir "redonner des choix, de la liberté, des services" aux quelque 22,4 millions d'habitants de ces territoires. Le Premier ministre a regretté plusieurs "erreurs" longtemps faites au sujet des politiques rurales, parmi lesquelles "l'erreur de (les) confondre avec les politiques agricoles".

Il a détaillé les quatre priorités de cet "agenda rural": la transition écologique, la proximité des services publics, la sécurité et l'attractivité. "On doit avoir le choix, on doit avoir des choix chez soi, ou que ce soit", a dit le Premier ministre. Dans ce cadre, le gouvernement entend notamment apporter un "soutien au commerce local", en ouvrant pour les municipalités des possibilités d'exonération fiscale que l'Etat pourra en partie compenser. 

L'Etat va aussi remettre en circulation des licences IV, permettant la vente d'alcool dans les débits de boissons et dont le nombre s'est significativement réduit ces dernières décennies pour se concentrer dans les grandes villes et sur le littoral. Ces "licences de revitalisation", selon les mots du Premier ministre, seront contrairement aux actuelles non transférables d'une intercommunalité à l'autre afin de lutter contre le départ de ces bars vers des territoires plus attractifs.

Cette mesure s'inscrit notamment dans l'initiative du groupe d'économie sociale et solidaire SOS, soutenue par le gouvernement qui vient de lancer un appel à projets pour déployer 1000 cafés en zones rurales. Plus généralement, Edouard Philippe a promis "la simplification" de la réglementation pour ces petits commerces, qu'il s'agisse de l'implantation des bars, de la sécurité incendie ou de l'accessibilité.
 

"Recoudre" la cohésion des territoires


Autre axe fort de ce plan, la jeunesse, avec le déploiement en 2020 d'une plateforme regroupant les services offerts aux jeunes au niveau national (comme le permis à 1 euro) et local (cartes de réduction pour les transports...); la création de 15 000 services civiques dans les territoires ruraux; l'arrivée de 33 campus connectés permettant de poursuivre des études supérieures à distance avec un accompagnement renforcé; ou renforcer les moyens de l'Education nationale selon "l'éloignement".

Pour le reste, conformément aux préconisations du rapport, la couverture 5G bénéficiera aussi aux territoires ruraux, en fixant des obligations aux opérateurs. Et les zones blanches devront être résorbées "en cinq ans". Le gouvernement va lancer en 2020, dans la lignée du dispositif "Action coeur
de villes" pour 222 villes moyennes, un plan spécifique pour les "petites centralités", en cours d'élaboration, pour notamment y conforter les commerces et services publics.

"Nous oeuvrons pour répondre au besoin de proximité de l'action, pour reconstruire, pour recoudre", explique Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, vendredi dans Le Figaro. Des programmes gouvernementaux seront améliorés, accélérés ou fléchés plus précisément sur la ruralité, qu'il s'agisse d'exonérations pour rénover le bâti ancien ou du recrutement de quelque 600 médecins pour résorber les déserts médicaux. De même, 40.000 personnes bénéficieront des dispositifs d'insertion par l'activité économique d'ici à 2022, contre 28.000 actuellement.

Cet inventaire touffu nécessitera un suivi particulier, fait-on valoir à Matignon, en annonçant un premier comité interministériel de la ruralité en "début d'année prochaine".
 

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