"Démission obligatoire" et "sortie piteuse" : les élus de la région commentent la démission du ministre Alain Griset

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Écrit par Martin Fort
Le Nordiste Alain Griset était ministre des PME et a démission le 8 décembre.
Le Nordiste Alain Griset était ministre des PME et a démission le 8 décembre. © Ludovic MARIN / AFP

Les députés Pierre-Henri Dumont (Pas-de-Calais, LR) et Sébastien Chenu (Nord, RN) profitent de la démission du ministre nordiste des PME, Alain Griset, pour pointer du doigt le nombre de ministres qui ont eu ou qui ont des ennuis judiciaires depuis l'élection d'Emmanuel Macron.

Le ministre des PME Alain Griset a démissionné du gouvernement ce mercredi 8 décembre car il venait, dans la même journée, d'être condamné en sursis à six mois de prison et à une peine d'inéligibilité de trois ans pour avoir menti sur sa déclaration de patrimoine.

Pour Pierre-Henri Dumont, député LREM du Pas-de-Calais, la démission du ministre après sa condamnation était "obligatoire" et selon lui, elle aurait dû intervenir avant le jugement. "Quel dommage qu'il ait fallu attendre autant de temps", estime-t-il. Sébastien Chenu, député RN du Nord, moque "une sortie piteuse par la petite porte".

Au-delà de la décision de justice, les deux députés en profitent pour tacler le gouvernement et le chef de l'Etat. Ils estiment que le nombre de ministres ou ex-ministres du gouvernement étant la cible de procédures judiciaires est désormais important depuis l'élection d'Emmanuel Macron : "je note que pour un gouvernement qui faisait des leçons de morale sur la probité des élus, beaucoup de ministres sont visés par la justice", juge Sébastien Chenu.

Même état d'esprit pour Pierre-Henri Dumont qui cite notamment "Nicolas Hulot" (ex-ministre de l'Ecologie et visé par une enquête préliminaire pour viol et agression sexuelle, ndlr) et "Richard Ferrand" (ex-ministre, président de l'Assemblée nationale, mis en examen pour prise illégale d’intérêt en septembre 2019 mais les faits ont été reconnus prescrits, ndlr).

"La présomption d'innocence doit perdurer jusqu'à la condamnation"

Peuvent être également cités (liste non-exhaustive) : Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice et Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé, dans le collimateur de la Cour de Justice de la République (CJR) ou encore Sébastien Lecornu, ministre chargé des Outre-mer et Olivier Dussopt, le secrétaire d’État à la Fonction publique, visés par des enquêtes du Parquet national financier.

Mais les positions des deux députés divergent quant au comportement des ministres face à la justice : doivent-ils démissionner dès lors qu'ils sont mis en examen ? "Personnellement je ne suis pas pour la démission automatique des élus dès la mise en examen. La présomption d'innocence doit perdurer jusqu'à la condamnation", explique le député RN et proche de Marine Le Pen. Son collègue membre des Républicains regrette qu'auparavant, "une procédure républicaine faisait que les ministres mis en examen démissionnaient immédiatement. Ce gouvernement, qui se faisait le chantre de l'exemplarité, ne suit pas cette tradition."

Anne-Laure Cattelot, députée LREM du Nord, a, quant à elle, pris acte de la décision de justice : "je regrette la décision du ministre mais je la comprends". "Son travail manquera au sein du gouvernement", a-t-elle rajouté. 

Alain Griset a fait appel de son jugement.

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