Grand débat national : quand les détenus de la prison de Douai donnent leur avis

Le député du Nord Dimitri Houbron a animé une session du grand débat à la prison de Douai. De nombreux sujets ont été abordés par les détenus qui tenaient à s'exprimer et faire remonter leur point de vue.
Une dizaine de détenus a participé au Grand débat national depuis la prison de Douai.
Une dizaine de détenus a participé au Grand débat national depuis la prison de Douai. © DENIS CHARLET / AFP
Confiance envers les élus, violences policières, réinsertion des prisonniers... A la maison d'arrêt de Douai, 14 détenus ont débattu, ce lundi 11 mars, balayant de nombreux sujets.

Face à eux, Pierre Tesse, directeur de l'établissement, précise d'emblée : "Comme à l'extérieur, vos paroles seront reprises, un compte-rendu sera fait et remonté au niveau national". Puis, le député du Nord LREM Dimitri Houbron, lance la discussion : "Avez-vous eu connaissance du grand débat ?" Tous hochent la tête.
 
"On passe notre temps à regarder la télé, on n'a rien d'autre à faire", répond l'un d'eux. "Mais c'est bien de pouvoir y participer, c'est aussi notre grand débat, on est en démocratie", dit un autre avant qu'un dernier ajoute : "C'est important pour nous de donner notre avis".

 

"Gilets jaunes", Europe, écologie...


Rapidement, Manuel questionne : "Pourquoi, quand le peuple se révolte, comme les « gilets jaunes », le gouvernement donne des coups plutôt que d'écouter leur souffrance ? Et comment ça se fait qu'il laisse les gens dans la misère ?". Et s'exclame : en France, "Il y a deux groupes qui sont en train de se former parce qu'on ne sait pas répartir les richesses !"

Les questions fusent alors: "Vous ne pensez pas qu'il devrait y avoir un chef pour toute l'Europe ?", "Qui décide de délocaliser les entreprises ?", "Serait-il possible de contrôler les loyers ?", "Que pensez-vous des violences policières ?".

 

Le débat s'oriente un court instant sur le mouvement de contestation des gardiens de prison. "Je me sentirais plus en sécurité si les surveillants étaient davantage armés pour maîtriser les détenus dangereux", pense Salim. "Certains détenus ne devraient pas être mélangés avec les autres qui ont fait des choses moins graves", poursuit un autre.

Vient le sujet écologie : "Dans la prison on n'est pas très écolo, on n'a même pas de tri sélectif", affirme un prisonnier, enchaînant sur les problèmes de réinsertion des détenus, "avec une mention au casier judiciaire on est tout le temps recalé". Le député recadre la conversation sur la démocratie et la citoyenneté, thème initial : "Allez-vous faire des procurations pour les élections européennes ?" 

"Faut peut-être déjà nous redonner goût au vote. A chaque fois qu'on vote pour une personne il n'y a pas grand chose qui bouge", répond Hamri. "Ce sont des gens qui ont eu la confiance de la population et qui volent leur argent", pense un autre. Le débat s'achève au bout d'une heure trente, Hamri est déçu : "Un peu court comparé à tout ce que j'ai vu à la télé".

 
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