Des étudiants de l'EDHEC s'attirent les critiques en se déguisant en Noirs

Des étudiants de l'EDHEC ont créé la polémique en se déguisant en Noirs à l'occasion d'une soirée. Cette pratique, appelée blackface, porte une charge historique raciste, même si ce n'était pas dans l'intention des élèves. 

C’était sans doute une simple blague, mais ça ne passe pas. La semaine dernière, lors d’une soirée déguisée organisée par l’école de commerce de Croix, l’EDHEC, certains élèves sont venus maquillés en Noirs.

Diffusées sur twitter, ces photos ont créé une polémique assez ample pour que la direction associe ses excuses à celles des étudiants et précise que cette attitude est "aux antipodes de [ses] valeurs"


Pour comprendre la portée raciste de cette pratique appelée blackface, il faut en rappeler les origines. Il s’agit d’un genre théâtral né aux Etats-Unis même avant la Ségrégation, où des acteurs blancs noircissaient leur visage et leurs mains pour caricaturer les Noirs.

Il a inspiré les minstrel show, les spectacles racistes du XIXème siècle. C’est là que naîtra la chanson Jump Jim Crow, qui a donné son nom aux lois séparant Noirs et Blancs aux Etats-Unis dans le Sud du pays.

"Potache" peut-être, mais pas possible

Aujourd’hui, cette pratique se retrouve dans les fêtes costumées. L’intention raciste y est largement diluée, les personnes qui le font l’associent à une plaisanterie.

Il n’en reste pas moins que cela réduit une culture et une expérience de vie à une couleur de peau. Rama Yade, ancienne secrétaire d'Etat, a exprimé ce ressenti dans son livre, Noirs de France, avec cette phrase : "avant d’être des esprits, les Noirs sont a priori considérés comme des corps."


Il n’y a pas qu’en France que le sujet fait polémique. Aux Etats-Unis, un étudiant d’une université de l’Arkansas été exclu pour ce même motif. Aux Pays-Bas également, une manifestation a eu lieu contre le "Zwarte Pit" : le père fouettard, qui est représenté sous les traits d’un Noir.

Le Zwarte Pit, tradition contestée ©franceinfo


Sur les réseaux sociaux, certains ont voulu rappeler que, même si les tensions raciales sont moins visibles en France qu’aux Etats-Unis, ce n’est pas une raison pour oublier l’histoire et la portée symbolique d’un acte.

 

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