Covid-19 : face au variant Omicron, les pharmaciens débordés dans les Hauts-de-France : "les professionnels sont au bord du burn-out"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Ophélie Masure

Avec la rapide propagation du variant Omicron et au lendemain des fêtes de fin d'année, les pharmacies ne désemplissent pas. L'activité de dépistage pèse de plus en plus lourdement.

Blouse nouée, gants ajustés, masque vissé sur le nez… Tenue de combat exigée désormais pour les pharmaciens. Dans le cadre de la campagne massive de test anti-covid, les officines sont prises d’assaut.

La cadence est intense

Sur la place de la Nouvelle Aventure à Lille, la pharmacie teste un patient toutes les 3 ou 4 minutes. Le gérant aime se sentir utile : "On est passé d’une activité où on était uniquement là pour délivrer de bons conseils à une activité de dépistage de masse. (…) On est tous fatigués, mais c’est notre mission de soigner les gens".

Des tests à la chaîne

Thomas Gégout enchaîne les dépistages : "Cas contact ? Symptômes ?". Inlassablement, les mots se répètent. "Quelle narine de préférence ? Le résultat d’ici une quinzaine de minutes…" Le ballet est étourdissant, mais il tient bon... pour le moment.

L' apparente fluidité cache une organisation exigeante. Tandis que la poubelle se remplit de tests déjà utilisés, le pharmacien nous explique : "On fait 200 à 300 tests par jour. Avant (Omicron), on en faisait une cinquantaine. C’est énorme pour une entité comme la nôtre, ça prend de l’énergie".

 

D’autant plus d’énergie que le prélèvement n’est qu’une première étape. Il faut ensuite saisir les résultats et, en cas de positivité, appeler le patient. "Actuellement, on compte 15 à 20% de résultats positifs chaque jour. C’est énorme !". Et ce n’est pas sans conséquence sur l’activité habituelle de l’officine. Le pharmacien lillois a donc recruté des renforts, notamment des étudiants en filière santé.

"Depuis lundi, un enfer"

Plus généralement, le secteur s'inquiète. Président de l'union régionale des professionnels de santé - pharmaciens des Hauts-de-France, Grégory Tempremant parle d'une profession "en ébullition permanente".  Derrière lui dans son officine de Comines, le téléphone ne cesse de sonner. Il parle vite : "Depuis lundi, on vit un enfer ! Les professionnels sont au bord du burn-out".

Un constat partout en France, que ce soit en ville ou en milieu rural. "Quand des parents apprennent le soir qu'il y a un cas positif dans la classe de leur enfant, il faut bien les aider. Moi, je travaille jusque 21h30 et le lendemain, je suis à la pharmacie à 7h pour gérer les commandes". 

"Davantage de respect du gouvernement"

Avant les vacances, les pharmaciens constataient déjà une affluence importante. Avec Omicron, c'est un raz-de-marée. Mais le nouveau variant n'est pas seul en cause.

Grégory Tempremant regrette les annonces de dernière minute du gouvernement. "Quand on annonce des réformes dans le JDD le dimanche, c’est difficile de l’appliquer le lundi matin. Le changement avec les autotests, il faut du temps pour l’expliquer aux patients. C’est pas inné. Dès qu’il y a de nouvelles règles, on prend ça de plein fouet".

Et puis, le covid touche tout le monde y compris le  personnel des pharmacies. Sans cesse, il faut s’adapter, gérer les absences. A Lille, Thomas Gégout conclut : " Je n'avais jamais connu ça dans ma carrière. J'espère que ça ne durera pas". En quelques jours,  c'est un métier qu'il a fallu repenser.