Covid-19 : des chiffres de contamination jamais atteints dans les Hauts-de-France avec des taux d’incidence records dans la métropole lilloise et à Creil

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Écrit par Yves Asernal

Alors qu’un Conseil de défense sanitaire se tient ce jeudi matin autour d’Emmanuel Macron à l’Elysée pour annoncer, peut-être, un calendrier d’allègement des restrictions, dans la région Hauts-de-France, le préfet appelle au contraire à "ne pas baisser la garde".

Dans une conférence de presse mercredi 19 janvier 2022, pour faire le point sur la situation épidémique dans la région, les autorités sanitaires et préfectorales ont exhorté la population à rester vigilante. Georges-François Leclerc, le préfet de région et du Nord, a d’abord rendu hommage au personnel soignant, avant de se féliciter du taux de vaccination dans les Hauts-de-France avec 90,6 % de la population, du jamais vu dans l’histoire de la vaccination dans la région. Et un flux très important de vaccinations se maintient : "on en fait actuellement 300 000 par semaine, on est revenu au plus haut niveau atteint cet été". L’objectif, c’est 1,2 million de personnes vaccinées d’ici mi-février.

10 000 primo-injections dans le Nord la semaine dernière

Mais le préfet a surtout insisté sur les 10 % de non-vaccinés. "Parmi eux il y a ceux qui ne veulent pas et ceux qui ne savent pas comment faire", souligne-t-il, notamment "certains quartiers, cités où il reste des gens, souvent en difficulté, à informer et à convaincre. Nous devons aller vers eux".

La semaine dernière, 20 000 primo-injections ont été réalisées dans la région dont 10 000, rien que dans le département du Nord.

Dans les Hauts-de-France, 130 centres de vaccination au total sont ouverts, dont 94 avec une ligne destinée aux enfants. La semaine dernière, plus d’un million de tests ont été réalisés, sans compter les autotests.

"Sans vaccination, on aurait eu une vraie déferlante de cas graves à l’hôpital"

"Le variant omicron circule très activement dans la région", a souligné le directeur général de l’Agence régionale de santé, Benoit Vallet. Le taux d’incidence régionale s’élève à 2 840, et ces chiffres sont plus importants encore dans la métropole lilloise (3 800) et à Creil (4 000). Gestes barrières et port du masque sont plus que jamais à respecter pour le préfet.

Mais la vague Omicron se distingue nettement de la vague Delta. "Il y a un contraste entre les taux d’incidence, extrêmement élevés", souligne Benoit Vallet, "et les atteintes sur les personnes touchées par ce variant. Les patients souffrent d’effets secondaires de moindre importance" .

Un contraste qui s’explique par les taux de vaccination pour l’ARS. "Il ne doit rester environ que 400 000 personnes qui n’ont pas été vaccinées dans la région. Le succès de la vaccination explique que la région a mieux résisté que d’autres. Une réussite visible dans le nombre de malades admis dans le système de soins. Au niveau d’incidence si élevé que nous connaissons, si on n’avait pas la vaccination, on aurait eu une vraie déferlante de cas graves à l’hôpital".

Dans les services de réanimation, l’ARS compte plus de 200 patients en soins intensifs juste pour le Covid. Le nombre de lits en réa a été augmenté pour être porté à 650. Au niveau des hospitalisations, l’agence dénombre plus de 2 000 patients. Un chiffre qui regroupe les personnes hospitalisées à cause du Covid et celles, hospitalisées pour d’autres motifs, mais qui ont été testées positives.

Les 3/5 ans et les 6/10 ans les plus touchés

Si la vaccination protège les adultes, on sait aujourd’hui qu’elle protège aussi les enfants. Eux aussi sont victimes de formes graves et plus touchés avec Omicron qu’avec les précédents variants. "Les taux d’incidence chez les 3/5 ans s’élèvent à 3670 cas pour 100 000 habitants et 4700 pour les 6/10 ans", annonce le directeur de l’ARS. "Ce sont les tranches d’âge les plus touchées, à l’origine de foyers d’infection importants". D’où les précautions prises dans les écoles pour identifier ces cas. Selon l’ARS, il y avait ce mercredi 37 enfants hospitalisés dans la région, dont un en réanimation, et 27 nourrissons, dont un en réanimation. Pour Benoit Vallet, la vaccination doit donc être encouragée chez les enfants. Et pour se faire, sur les 130 centres de vaccination de la région, 94 possèdent une ligne destinée aux enfants.

Enfin, les Hauts-de-France se placent en troisième position des régions qui testent au niveau national. La semaine dernière, on a dépassé le million de tests et la région a très bien tenu.