L'homme tué dans un hôtel près de la gare Lille-Flandres était un blogueur et opposant tchétchène

Un opposant tchétchène a été tué à coups de couteau dans un hôtel à Lille la semaine dernière. 

La gare Lille-Flandres
La gare Lille-Flandres © F.GILTAY
L'homme avait été retrouvé mort dans une chambre de l'hôtel "Le coq hardi", place de la gare à Lille, jeudi dernier mais il n'avait pas été identifié dans un premier temps. De source proche du dossier, on sait maintenant qu'il s'agit d'un opposant tchétchène. Il est blogueur et se nommait Imran Aliev. Il était connu sous le connu sous le pseudonyme de Mansur Staryi et était très critique à l'encontre du régime tchétchène. 

Âgé de 42 ans, il présentait une blessure à la tête. Un couteau avait été retrouvé sur place. Il avait loué dans la nuit une chambre d'hôtel avec un autre homme en provenance de Belgique, "a priori de la même nationalité", selon la même source.

Quand les pompiers étaient intervenus ce jeudi 30 janvier vers 11 h 30 dans l'hôtel situé aux abords de la gare de Lille, Imran Aliev avait déjà succombé à ses blessures. Son corps présentait "de multiples plaies" au thorax et les enquêteurs ont découvert une arme blanche non loin de lui. 

Ce meurtre "porte toutes les caractéristiques d'un mobile politique" mais "il faut rester prudent", a-t-on précisé. Contacté par l'AFP, le parquet de Lille a indiqué qu'il n'avait été procédé pour l'heure "à aucune interpellation" mais qu'"une information judiciaire a été ouverte contre X pour assassinat".
 
L'enquête pour homicide volontaire avait été ouverte et confiée à la Police judiciaire de Lille.  
 

En provenance de Belgique 


La victime, également connue sous le pseudonyme de Mansur Staryi et l'homme qui l'accompagnait étaient arrivés ensemble dans la nuit de mercredi à jeudi à Lille en provenance de Belgique. 

Imran Aliev postait sur Facebook et Youtube des enregistrements fortement critiques de l'autoritaire dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, accusé régulièrement de violations des droits de l'Homme. Il avait affirmé dans une vidéo avoir déjà été l'objet d'une tentative d'assassinat à l'été dernier. 

Sans qu'il puisse être fait pour l'heure le moindre lien entre les deux affaires, ce meurtre intervient cinq mois après celui, à Berlin, d'un ressortissant géorgien de 40 ans, issu de la minorité tchétchène, qui avait plongé l'Allemagne et la Russie dans une crise diplomatique. 

Le 23 août dernier, ce Géorgien identifié comme Tornike K. et présenté dans la presse sous le nom de Zelimkhan Khangochvili, avait été tué de trois balles par une arme avec silencieux, en plein jour, dans un parc du centre de la capitale allemande. 

Le suspect avait été interpellé dans la foulée près des lieux du crime. Selon l'enquête, cet homme était entré en Allemagne en passant par la France, trois jours avant le meurtre. 
 
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