A Lille, les 2 000 manifestants contre la réforme des retraites rejoints par des syndicats belges

Plusieurs syndicats belges ont rejoint le cortège lillois contre la réforme des retraites. / © FRANCE 3
Plusieurs syndicats belges ont rejoint le cortège lillois contre la réforme des retraites. / © FRANCE 3

En ce 38ème jour de grève, 2 000 personnes ont manifesté leur opposition à la réforme des retraites dans les rues de Lille. Ils ont été rejoints par des syndicalistes et travailleurs belges. 
 

Par ALJ avec AFP

Les opposants à la réforme des retraites étaient à nouveau dans la rue pour cette 38e journée de grève. Et en cette cinquième journée de mobilisation interprofessionnelle, de nouvelles forces ont rallié le cortège lillois.

La Confédération des syndicats chrétiens, la Fédération générale du travail de Belgique ou encore le Parti du travail belge ont traversé la frontière. "On vient en solidarité avec les amis français et françaises pour leur dire : "ne lâchez rien, en Belgique, on l'a fait"", explique Aurore Joly, de la Confédération des syndicats chrétiens. 

En 2017, la Belgique a connu un projet de réforme semblable. Le pays devait passer à un système par point. Face à la mobilisation, le gouvernement belge a retiré la réforme.
 
Un reportage de Jean-Louis Manand et Jean-Christophe Raczy
 

5 000 euros offerts à la caisse de solidarité des grévistes


En entonnant "Belges et Français, tous ensemble", le député et porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, a présenté un chèque de 5 000 euros pour la caisse de solidarité des grévistes. 

"La France est un laboratoire des mesures anti-sociales. C'est clair que si la réforme passe ici, elle passera aussi dans les autres pays", a commenté le député belge.


 
 Le député et porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, a remis un chèque de 5 000 euros. / © FRANCE 3
Le député et porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, a remis un chèque de 5 000 euros. / © FRANCE 3


A ses yeux, la France est "un exemple pour la combativité des travailleurs français. C'était un devoir d'être ici en solidarité."
 

L'exécutif retire (sous conditions) l'âge pivot de 64 ans

Edouard Philippe s'est dit "disposé à retirer", sous conditions, l'âge pivot de 64 ans du projet de réforme des retraites dans un courrier aux partenaires sociaux, un geste bien accueilli par les syndicats réformistes.
 
"Je suis disposé à retirer du projet de loi la mesure de court terme que j'avais proposée, consistant à converger progressivement à partir de 2022 vers un âge d'équilibre de 64 ans en 2027", indique le Premier ministre dans ce courrier envoyé au lendemain de bilatérales avec les syndicats à Matignon, tout en maintenant le principe d'un âge d'équilibre dans la réforme.
 

 


Vers la création d'une "conférence de financement" ?


Ce retrait est sous conditions : le Premier ministre propose qu'une "conférence de financement" soit réunie avec les partenaires sociaux pour "proposer les mesures permettant d'atteindre l'équilibre financier en 2027".

Faute d'accord de cette conférence d'ici "la fin du mois d'avril 2020", le gouvernement prendra par ordonnance les mesures nécessaires pour atteindre cet équilibre en 2027, indique la lettre.

 

Le retrait de l'âge pivot, une fracture dans le front des opposants ?


La CFDT, premier syndicat en France et favorable au système universel par points, avait fait une "ligne rouge" de cet âge pivot incitant les Français à partir à 64 ans en 2027 sous peine de se voir infliger un malus.

Dès l'annonce du gouvernement, la centrale a "salué le retrait de l'âge pivot du projet de loi, retrait qui marque la volonté de compromis" de l'exécutif. 

"Le retrait de l'âge pivot est une bonne chose qui permet de discuter sereinement de l'équilibre", a abondé le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure. "Cela va permettre d'avancer sur le reste de la réforme, pour obtenir des compensations, des garanties, des avancées", a-t-il déclaré à l'AFP. 

La main tendue du gouvernement aux syndicats réformistes pourrait fissurer le front des opposants à la réforme.

 

Le recul sur l'âge pivot, "produit de la mobilisation"


Pour le leader de la CGT Philippe Martinez, interrogé samedi en tête de la manifestation parisienne avant la publication du courrier du Premier ministre, "l'âge pivot est un leurre" qui "ne change rien à notre opposition à la réforme".

Plus mesuré, son homologue de FO, Yves Veyrier, observait que "si on nous annonce un recul en tout ou partie sur l'âge pivot, ce sera le produit de la mobilisation".
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