Plainte déposée, IGPN saisie... que s’est-il passé lors de la manifestation à Lille au soir du second tour des élections législatives ?

Un rassemblement anti-RN s'est tenu à Lille dimanche 7 juillet dans la foulée des résultats du second tour des élections législatives. La manifestation, non déclarée mais pas interdite, a ensuite déambulé dans les rues de Lille. Selon la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), 3 personnes ont été blessées suite à des charges de la BAC. Une plainte a été déposée.

Depuis deux jours, sa photo fait le tour des réseaux sociaux. Un jeune homme, visage ensanglanté, bandage autour du crâne et œil gauche gonflé, prend un selfie sur un brancard. Le cliché a été relayé par le nouveau député LFI de la 1ère circonscription du Nord, Aurélien Le Coq, sur son compte X (anciennement Twitter), accompagné d’un message.

"Un jeune insoumis qui manifestait pacifiquement hier à Lille après la victoire du Nouveau Front Populaire a été passé à tabac par la BAC", écrit le parlementaire. Il demande "des mesures immédiates (...) envers ces agents" et des "sanctions exemplaires".

Le jeune homme, âgé de 20 ans, a reçu 3 jours d'ITT. Il a déposé plainte contre X.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Lille. Parallèlement, l’IGPN enquête sur des suspicions de violences policières.

Une déambulation spontanée dans les rues de Lille

La manifestation, non déclarée mais par interdite, a eu lieu place de la République à Lille dimanche 7 juillet 2024, dans la foulée des résultats des élections législatives. Une manifestation contre l’extrême droite réunissant environ 1 000 personnes. Vers 21 heures, l’ambiance était festive et calme, alors qu’un dispositif policier conséquent avait été déployé dans les rues adjacentes.

Peu avant 22 heures, une partie des manifestants ont entamé une déambulation mais les forces de l’ordre ont immédiatement répliqué avec des "jets immédiats de gaz lacrymogènes avec des sommations", indique la LDH. Selon l’organisation, "rien ne justifiait" les lacrymogènes.

Le cortège s’est alors dirigé vers le théâtre Sébastopol où les tensions sont montées d’un cran. Les manifestants ont ensuite emprunté la rue des Postes pour rejoindre le quartier de Wazemmes. Une trentaine de manifestants aurait jeté des projectiles vers les forces de l’ordre. À partir de là, "le maintien de l'ordre est devenu chaotique et illisible", assure la LDH, puis "très brutal" avec des "charges très violentes et des matraques".

Les pompiers sont intervenus à proximité de l’arrêt de métro Gambetta pour prendre en charge trois personnes blessées par la BAC, selon la LDH, qui précise que les blessés n’étaient ni en noir, ni cagoulés et ne faisait pas partie des manifestants les plus radicaux.

C'est à cet endroit précis que le jeune insoumis de 20 ans a été blessé. Un cadre du parti raconte : "au milieu du gazage, il cherchait une issue et il est tombé sur un policier qui lui a mis un coup de matraque. Il a l’arcade paupière et une partie du nez cassé".

Le préfet apporte son soutien aux policiers

Sur France Bleu Nord, le préfet du Nord a renouvelé "tout [son] soutien aux policiers engagés [dimanche] soir à Lille lors d'une manifestation sauvage non déclarée dans des conditions très difficiles, au cours de laquelle ils ont fait l'objet de jets de projectiles en continu et de comportements violents malgré les sommations d'usage".

La police nationale n'a rien à cacher, contrairement aux visages des fauteurs de trouble.

Bertrand Gaume, préfet du Nord

France Bleu Nord

Le préfet, Bertrand Gaume assure que "la police nationale n'a rien à cacher, contrairement aux visages des fauteurs de troubles, tout fait se rattachant à cette manifestation violente non déclarée, sera signalé aux autorités compétentes".

Avec AFP

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