L'Olympique Marcquois veut replacer le Nord sur la carte du rugby

© FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Loin du bastion ovale du Sud-Ouest, l'Olympique Marcquois (OMR) entend replacer le Nord sur la carte du rugby. Mais dans ce bassin où le football est roi, la tâche est loin d'être aisée au moment où la France reçoit l'Argentine samedi dans la métropole lilloise.

Par AFP

Avec 500 joueurs, le club de rugby de Marcq-en-Baroeul, commune de 40 000 habitants limitrophe de Lille, est celui qui compte le plus de licenciés au nord de Paris. Après huit victoires en huit matches dans sa poule de Fédérale 2 (4e div.), l'OMR a démarré la saison en trombe, porté par un effectif essentiellement composé de jeunes nordistes lancés dans une mission reconquête après la chute du Lille Métropole Rugby (LMR).

Ce dernier avait déposé le bilan en 2016, quelques mois après avoir obtenu une montée historique en Pro D2, finalement invalidée par la Fédération en raison d'un important déficit. "La Métropole européenne de Lille (MEL) nous a demandé de prendre le relais du LMR car on était l'équipe la mieux placée sportivement et parce qu'on avait l'image d'un club bien géré", explique à l'AFP Frédéric Alluin, président du club.
 


L'OMR a mis les bouchées doubles pour se donner les moyens de ses ambitions : s'ériger en centre de formation régional et rejoindre la Pro D2 d'ici 2023, année de la Coupe du monde organisée en France. "Il ne faut pas que ça nous tombe dessus. Beaucoup de clubs ont dû refuser des montées car ils n'étaient pas prêts", avertit M. Alluin.

Le Nord n'est pas une région oubliée du rugby

Mais le ballon ovale n'est pas le plus populaire dans le Nord, terre de football (Lille en L1, Lens et Valenciennes en L2), qui comptait seulement 4 785  licenciés en mai, soit... 1,5% du total national, alors que le département représente presque 4% de la population française. "Le Nord n'est pas une région oubliée du rugby", avait pourtant assuré en septembre le président de la Fédération, Bernard Laporte, estimant que son économie "peut permettre à une équipe d'accéder un jour en Pro D2 ou au Top14".

De fait, le rugby a XV a discrètement gagné du terrain ces dernières années. Après les demi-finales du Top 14, le stade Pierre Mauroy a ainsi été choisi pour accueillir le Mondial 2023. Et la web-série "Terrain favorable" a récemment mis à l'honneur le club de Roubaix, accompagné par des internationaux de renom comme Jonny Wilkinson.

L'OMR, lui, peut compter sur 300 000 euros de subventions publiques  - près de 40% de son budget -, dont le soutien de la MEL qui lui met à disposition le Stadium de Villeneuve-d'Ascq, où évoluaient les footballeurs du LOSC.
 
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"Il y a un solide partenariat entre le club et les institutions", affirme Eric Skyronka, conseiller délégué au sport à la MEL, exhortant les partenaires privés à "se lancer dans l'aventure". "On sent une effervescence pour le rugby et ça va monter en puissance", prédit-il.

Fort de 60 bénévoles et 45 éducateurs, l'OMR possède de nombreux atouts: un "très bon socle de jeunes, motivés", un "staff technique de qualité", une affluence en hausse (1 500 spectateurs en moyenne selon le club) et un partenariat depuis 1999 avec le Stade Toulousain autour des jeunes. "Il y a un esprit de club, une relation entre les jeunes et les anciens", constate Gérard Labbe, président de l'association du Stade toulousain. Originaire de Marcq-en-Baroeul, celui qui a été l'artisan de cet accord voit l'OMR "monter en Fédérale 1 la saison prochaine".

Le club a déjà un bel exemple à suivre: les filles du Lille Métropole rugby club villeneuvois (LMRCV), championnes de France en 2016 et vice-championnes en 2013, 2015 et 2017. Une autre locomotive du Nord.

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