TÉMOIGNAGE. Violences policières : le commissaire Haroune souhaite une "institution qui reflète la France d'en-bas"

Alors que les rassemblements pour dénoncer le racisme et les violences policières se multiplient, le commissaire nordiste Adbelkader Haroune propose la création d’une instance nationale pour évaluer la représentativité des habitants de quartiers sensibles au sein de la police. 

Des manifestations partout en France et à Lille. Des milliers de personnes pour dénoncer le racisme et les violences dans la Police. Un mouvement qui donne de l'écho au discours d'Adbelkader Haroune, Commissaire divisionnaire né à Tourcoing et longtemps en poste à Roubaix. Et surtout, membre du conseil présidentiel des villes. Un ardent défenseur des quartiers populaires, qu'il estime sous-représentés dans nos institutions.

 

Pourquoi connaît-on un tel soulèvement aujourd’hui ? 


“La population aujourd’hui et les citoyens, je pense, souhaitent davantage. Les considérations sur le racisme dans la police à mon avis, c’est peut-être une façon d’exprimer un mécontentement. Moi je tiens à rendre hommage à tous mes collègues fonctionnaires de police pour le travail qu’ils effectuent. Partir d’un postulat qu’effectivement, la police nationale n’est pas raciste, c’est un fait. Dire qu’il n’y a pas de difficultés pour autant, c’est faux. Il n’y a pas de racisme dans la police, il y a simplement une question de confiance vis-à-vis de la population. Il faut qu’il y ait des gages de confiance et c’est tout simplement avoir une institution qui reflète les gens des quartiers, des banlieues, du monde rural, des étudiants boursiers, en clair, de la France d’en-bas.” 

 

3 questions au commissaire Haroune sur les violences policières

 

Quelles sont vos propositions ? 

 

“Nous proposons donc la création d’une instance nationale qui aurait pour fonction d’établir des statistiques sur les postes occupés par certaines personnes. Le critère serait le lieu où le bac a été passé, en plus du critère boursier, que ce soit en milieu rural ou dans les cités difficiles. Ensuite, cette commission aurait pour objectif de rendre publiques les conclusions."

 

 

Comment allez-vous y parvenir ? 


"Je lance un appel aux élus, au peuple français. Nous avons fait une proposition de loi, qui va être débattue au Sénat et a pour objectif de favoriser, de permettre à la France d’en-bas de devenir la France d’en haut et d’avoir des institutions qui reflètent la population comme l’avait souhaité le Président de la République. Donc c’est simple, j’invite l’ensemble des parlementaires et des citoyens à soutenir cette proposition de loi. Et nous verrons, avec les statistiques que nous ferons si oui ou non je me trompe, c’est-à-dire si oui ou non, il y a de l’entre-soi au sein de la société française."

 

 

 

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