Fichés S : Cazeneuve refuse de transmettre les noms aux maires

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Le ministre de l'Intrérieur exclut d'accéder à la requête de certains maires, qui veulent connaître les noms des fichés S de leur commune. 

Par Alexis Magnaval (avec AFP)


Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve exclut de transmettre les noms des fichés S de leurs communes aux maires, dans un entretien au JDD. Certains, comme Gérald Darmanin, maire de Tourcoing, le demandaient pourtant. «  Le maire doit être informé de ce qui se passe sur sa commune, déclarait récemment M.Darmanin à Nord Eclair . Lorsque nous embauchons du personnel en accueil, en Ehpad, en crèche... il est impossible pour nous de savoir si la personne que nous recevons est poursuivie ou non par la police. Ce n’est pas normal.  »
Début septembre, le maire de Tourcoing avait révélé en direct sur Europe 1 avoir appris l’identité d’un fiché S sur sa commune. « Par un syndicat de police, j’ai appris il y a quelques heures qu’il y aurait un imam fiché S dans ma commune. Je ne le connais pas. Je cherche à vérifier cette information ». Aussi coordinateur de campagne de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin avait fait cette déclaration au lendemain d’un discours de François Hollande sur la lutte antiterroriste.

355 personnes arrêtées en 2016

Place Beauveau, on évoque en tout cas la nécessité de la confidentialité des enquêtes. Pour Bernard Cazeneuve, les fichés S « sont surveillés et non judiciarisés, ce qui indique que leur dangerosité n'est pas avérée ». « La communication d'une fiche S est impossible pour des raisons réglementaires », rappelle-t-il. « Cette confidentialité est aussi la condition de l'aboutissement des enquêtes », poursuit-il. Et évoque l'arrestation de 355 personnes en lien avec des réseaux terroristes depuis le début de l’année.

D’un autre côté, M.Cazeneuve reconnaît que « les élus sont légitimes à demander une meilleure information sur le phénomène de radicalisation ». « Nous devons trouver un dispositif qui permette d'associer les maires au processus de prévention et de déradicalisation et qui n'obère pas l'efficacité des services de renseignement - ce que les élus, dans leur immense majorité, comprennent très bien. Nous le faisons », assure le ministre.

« Par contre, vouloir placer en détention des individus qui n'ont commis aucun crime au seul motif qu'ils ont retenu l'attention des services, c'est inefficace et contraire à la Constitution », réaffirme-t-il.
Une position opposée à celle de Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle, qui a annoncé vendredi vouloir organiser un référendum sur "la mise en internement administratif des fichés S les plus dangereux".

Bernard Cazeneuve a soulevé quelques avancées dans la lutte antiterroriste. « Nos efforts paient. On estime à moins d'une vingtaine le nombre de ceux qui ont réussi à quitter notre pays depuis le début de l'année », estime-t-il. Actuellement, « 17 mineurs combattants » français sont recensés en
Irak et en Syrie.
Quant au département du Nord, c'est l'un des plus touchés par la radicalisation.
© France 3 NPDC
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