Expulsion de l'imam Hassan Iquioussen : le Conseil d'Etat se prononcera en "début de semaine prochaine"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emmanuel Pall avec AFP

Si le Conseil d'Etat confirme la décision du tribunal administratif, Hassan Iquioussen ne pourra pas être expulsé vers le Maroc. S'il l'infirme, l'imam du valenciennois sera expulsable, même si le dossier ne sera plaidé sur le fond que d'ici quelques mois.

Hassan Iquioussen est "un prédicateur charismatique qui a su acquérir une légitimité au sein d'un très large auditoire et qui depuis des années répand des idées insidieuses qui n'en sont pas moins des provocations à la haine, à la discrimination, à la violence", a affirmé la directrice des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l'Intérieur.

Dans la salle d'audience, archipleine, de nombreux proches de l'imam dont plusieurs représentants des Frères musulmans avaient pris place. Pour Lucie Simon, avocate de l'imam, les propos antisémites ou violemment misogynes reprochés à son client "ont été tenus parfois il y a plus de vingt ans". "Il fautque ces provocations soient actuelles, c'est ce qui résulte de la jurisprudence". "Il n'a jamais été ni poursuivi ni condamné pour ces propos", a insisté l'avocate.

Pourquoi un arrêté d'expulsion ?

Le ministère de l'Intérieur a publié le 28 juillet dernier un arrêté d'expulsion visant l'imam en raison d'"un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteurs d'une vision de l'islam contraire aux valeurs de la République". Le ministère reprochait notamment à l'imam "un discours à teneur antisémite particulièrement virulent" et ses prêches prônant la "soumission" des femmes "au profit des hommes".

L'arrêté d'expulsion évoquait également l'encouragement "au séparatisme" et le "mépris de certaines valeurs républicaines telles que la laïcité et le fonctionnement démocratique de la société française".

Saisi par les avocats d'Hassan Iquioussen, le tribunal administratif de Paris a suspendu début août cette demande d'expulsion en arguant que l'expulsion de l'imam, né en France il y a 58 ans mais de nationalité marocaine, porterait "une atteinte disproportionnée" à sa "vie privée et familiale".

"Changer la loi"

Dans un entretien publié par le Journal du dimanche, Gérald Darmanin, "déçu" par la décision du tribunal administratif, a d'ores et déjà prévenu que si la loi "ne permet pas" d'expulser M. Iquioussen, il faudra la changer "pour défendre davantage les Français".

"Terreau du séparatisme" et "agenda politique"

"Oui, M. Iquioussen est conservateur. Il a eu des propos rétrogrades sur la place de la femme", a concédé Me Lucie Simon. "Mais cela ne constitue pas une menace grave à l'ordre public", a-t-elle souligné.

La représentante du ministère de l'Intérieur à quant à elle dénoncé "le double discours" de l'imam. "On nous dit que Hassan Iquioussen s'est excusé pour ses propos contestés comme si ça rayait le propos. C'est un peu facile", s'est-elle offusquée. Les propos contestés de l'imam "constituent le terreau du séparatisme et même du terrorisme. Hassan Iquioussen reste antisémite, c'est le coeur de sa démarche", a-t-elle estimé.

De son côté, Me Simon a estimé que l'arrêté d'expulsion répond essentiellement à "un agenda politique de M. Darmanin""On dit que cet homme (Hassan Iquioussen) menace l'ordre public à travers ses vidéos diffusées sur internet. Est-ce que l'expulser c'est vraiment la solution pour sauvegarder l'ordre public ?", s'est-elle interrogée.

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