VIDÉO. 30 ans après, qu'est devenu l'éléphant de la mémoire, érigé pour commémorer le bicentenaire de la révolution ?

L'éléphant de la mémoire, construit à la demande du département du Nord, a sillonné la région en 1989 pour commémorer le bicentenaire de la révolution. 30 ans après, le pachyderme est à l'abandon, au milieu de la friche minière de Wallers.
L'éléphant de la mémoire est planté au milieu de la friche minière de Wallers depuis 1997.
L'éléphant de la mémoire est planté au milieu de la friche minière de Wallers depuis 1997. © BERTRAND THERY
Une image surprenante : l'éléphant de la mémoire, qui trône au milieu de la friche minière de Wallers, comme un mirage.

30 ans après sa construction par le Conseil général du Nord, la statue de cet immense pachyderme ne trouve pas preneur. Depuis 1997, il erre à Wallers, sans savoir où il va passer sa retraite.
 
L'éléphant de la mémoire : 30 ans après, qu'est-il devenu ?
 

Référence à Napoléon et aux Misérables


Créé en 1989, l'éléphant de la mémoire a servi à commémorer le bicentenaire de la Révolution française, en référence à l'éléphant de la Bastille, un projet de fontaine monumental imaginé par Napoléon, mais abandonné après la chute de l'empereur. Dans les Misérables, Victor Hugo y fait dormir Gavroche.

Du haut de ses 13 mètres, l'éléphant en résine de 17 tonnes sillonne la région et s'expose jusqu'à Paris et Bruxelles. Son petit plus : une salle de projection située à l'intérieur de ses entrailles, où sont retracés l'histoire de la Révolution et ses idéaux, à travers les yeux de Gavroche. En deux ans, 900 000 personnes vont découvrir cette œuvre symbolique.


Plus personne n'en veut


Mais l'animal coûte trop cher. En 1992, la nouvelle majorité départementale s'en sépare. Bernard Derosier, ancien président du Conseil général du Nord à l'origine de la commande, exprime ses "regrets" qu'il n'ait pas été utilisé. "C'est dommage de ne pas se servir de cet outil de communication. Moi j'avais prévu qu'il s'installe au forum des sciences à Villeneuve-d'Ascq."

Et après 5 ans à être stocké dans des hangars, l'éléphant arrive à Wallers, attendant de trouver un lieu d'exposition définitif. "Pour le faire rentrer, on a dû casser les murs. Pour le faire sortir, ce sera la même procédure et cela coûte 100 000 euros, explique Alain Bocquet, président de la communauté d'agglomération de la porte du Hainaut. Si quelqu'un nous paye cette somme, on est ouvert à proposer que l'éléphant, qui appartient toujours au département, puisse aller dans un lieu différent."

Que ce soit au musée-parc archéologique Arkéos à Douai ou au zoo de Maubeuge, aucun des projets d'hébergement n'a abouti. Le pachyderme pourrait bien rester à Wallers jusqu'à la fin de sa vie, porteur cette fois de la mémoire minière.



 
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