"Jungle" de Calais : Cazeneuve a promis le "démantèlement total en une étape", selon Natacha Bouchart

La maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), a affirmé vendredi que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'était engagé à un "démantèlement total" de la zone nord de la "Jungle" de Calais "en une étape".

Le ministre de l'Intérieur à Calais ce vendredi avec la maire de la ville Natacha Bouchart
Le ministre de l'Intérieur à Calais ce vendredi avec la maire de la ville Natacha Bouchart © AFP
En visite à Calais ce vendredi, Bernard Cazeneuve s'est engagé à un "démantèlement total" de la zone nord de la "Jungle" de Calais "en une étape", selon Natacha Bouchart, la maire LR de Calais. "La date, bien sûr, n'est pas communiquée", a déclaré Mme Bouchart devant la presse à l'issue d'une réunion en sous-préfecture avec M. Cazeneuve.

durée de la vidéo: 00 min 39
Selon Natacha Bouchart, Cazeneuve a promis le "démantèlement total en une étape" de la Jungle

Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts de France, a confirmé l'information sur son compte Twitter, sans reprendre l'engagement entendu par la maire de Calais d'un démantèlement "en une étape".



Entre 6.900 et 9.000 migrants à Calais

En mars, l'Etat avait déjà procédé au démantèlement de la partie sud du camp pour des raisons sanitaires et d'ordre public, mais une grande partie de ses habitants s'était ensuite repliée dans la partie nord. Le plus grand bidonville de France abrite entre 6.900 et plus de 9.000 réfugiés selon les sources, soit 50% de plus depuis mi-juin.

Environ 1.500 d'entre eux sont hébergés au centre d'accueil provisoire (CAP), formé de conteneurs, et près de 400 femmes et enfants au centre d'accueil Jules Ferry, où s'effectue aussi la distribution des repas par l'association Vie active, agréée par l'Etat. Les autres vivent dans des abris de fortune autour du CAP. A la fin du démantèlement de mars, ils étaient entre 3.500 et 5.000.

"C'est plus qu'un soulagement, nous sommes dans la souffrance complète", a affirmé la maire de Calais pour qui l'entretien avec le ministre de l'Intérieur était "le message que nous avions besoin d'entendre".

Intensifier les départs volontaires de Calais

En parallèle, l'Etat compte intensifier les départs volontaires de Calais en créant d'ici la fin de l'année "2.000 nouvelles places d'hébergement en Centre d'accueil et d'orientation (CAO)" et "6.000 places en Centres d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA)". Depuis leur ouverture en octobre dernier, 5.528 migrants en provenance de Calais ont déjà été accueillis dans les 161 CAO disséminés dans toute la France, précise le ministre.

L'Etat entend aussi créer 5.000 nouvelles places d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile en 2017 qui s'ajouteront aux "10.000 places en CADA" créées "depuis le début du quinquennat, alors que si peu avait été fait par le passé".

Un renfort de 200 policiers et gendarmes à Calais

D'autre part, en plus des 1.900 policiers et gendarmes présents sur Calais, un record, le ministre annonce un renfort de près de 200 hommes : "54 policiers de la police aux frontières et deux unités de forces mobiles supplémentaires soit 140 CRS, affectés en priorité à la rocade et sur l'A16, ce qui permettra de redéployer les effectifs des BAC pour la sécurité des riverains de la rocade et du centre-ville". Ces effectifs supplémentaires permettront "de renforcer la lutte contre ces assauts de camions sur la rocade", précise-t-il.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
migrants à calais société immigration