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Répartition des migrants de Calais : le Pas-de-Calais épargné

Archive : des migrants de Calais attendent avant de monter dans un bus, direction un centre d'accueil et d'orientation. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Archive : des migrants de Calais attendent avant de monter dans un bus, direction un centre d'accueil et d'orientation. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, aucun centre d'accueil ne sera ouvert dans le département dans le cadre de la répartition des migrants post-démantèlement de la jungle de Calais, qu'organise en ce moment le gouvernement.

Par Mickael Guiho

"Avant que l'hiver n'arrive", le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a promis démanteler la Jungle de Calais (où vivent entre 6.500 et 10.000 personnes) et transférer les demandeurs d'asile, les réfugiés politiques potentiels (80% de cette population selon l'Etat), dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO) situés en France... mais pas dans le Pas-de-Calais. C'est la préfecture qui nous l'a confirmé, vendredi 23 septembre.

A ce stade, et à priori, aucune ouverture de CAO n'est prévue dans le Département. Le Pas-de-Calais prenant d'ores et déjà toute sa part dans l'accueil des migrants.







Environ un millier de migrants de Calais seraient appelés à être logés dans la région Hauts-de-France. La localisation des CAO n'est pas encore connue. Le gouvernement en cherche encore la moitié, selon une source proche du dossier. Certains existent. D'autres doivent être construits. Les pouvoirs publics ont chiffré à 9.000 le nombre de places supplémentaires à trouver en CAO, pour les porter à 12.000 au total.

Cela peut être "un centre de loisirs, un lieu à remettre en état comme un hôpital désaffecté, une caserne...", voire dans certains cas du modulaire, indique-t-on au ministère du Logement, en parlant de "foncier Etat principalement", mais aussi de centres de loisirs de comités d'entreprise (La Poste, SNCF...).

Comment ces lieux seront-ils choisis ? Cela n'a "aucun sens" d'installer "des CAO de grande taille dans des bourgs de petite taille", a assuré Bernard Cazeneuve, qui a parlé d'un "croisement de critères" : efforts déjà consentis, disponibilité des structures, "capacité du tissu associatif à se mobiliser"... La répartition se fera dans la "concertation avec les élus" et sur la base des "propositions des collectivités locales elles mêmes".

Pendant ce temps à Hénin-Beaumont...


Fermement opposé à l'accueil même temporaire de personnes qui fuient la guerre dans leur pays, le maire Front National d'Hénin-Beaumont Steeve Briois a annoncé dimanche la création d'une association et lancé une Charte intitulée "Ma ville sans migrants", incitant les communes de France à s'engager à fermer leurs portes aux réfugiés. Un texte que les 11 communes FN voteront peut-être, tandis qu'il sera certainement utilisé comme moyen de pression médiatico-politique dans les 600 conseils municipaux où siègent des élus frontistes.

Après cette opération de communication, l'opposition locale de gauche (la droite est absente dans l'agglomération d'Hénin-Carvin) a pour sa part lancé, vendredi, une page Facebook "Ma commune fraternelle". Cette contre-offensive timide ne semble pas avoir de portée autre que très locale. Le député-maire de Carvin Philippe Kemel, associé à la démarche, n'a pas sû nous expliquer à quoi elle pourra exactement servir...

Face aux polémiques locales et nationales, Manuel Valls a déclaré vendredi, à Dakar, que "répartir ces 9.000 réfugiés sur toute la France est une tâche qui est tout à fait atteignable et qui ne doit pas poser de problème". Selon le premier ministre, "ça se fait avec une bonne organisation. Nous mettons en place une concertation étroite".

L'asile ou le chartère

"Si on veut accueillir ceux qui doivent l'être, on doit reconduire ceux qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire national", répète Bernard Cazeneuve. "Depuis le début de l'année 1.440 personnes en situation irrégulière ont été éloignées du territoire national depuis Calais", dont 13 vendredi, a précisé le ministre.

L'enjeu est de convaincre les migrants éligibles à l'asile de renoncer à passer en Grande-Bretagne, et ensuite, une fois arrivés dans les CAO, de s'engager effectivement dans la démarche pour ne pas retourner à Calais. Emmanuelle Cosse et Bernard Cazeneuve ont multiplié les contacts cette semaine avec associations et représentants des cultes, pour les convaincre du caractère "humanitaire" de l'opération.

"Les personnes qui sont en CAO auront la possibilité d'une manière ou d'une autre de réintégrer un parcours d'asile en France. Elles ne seront pas renvoyées dans un autre pays", assurait-on cette semaine au ministère du Logement.

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