Sécheresse dans le Pas-de-Calais : sale temps pour les agriculteurs

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Écrit par Lucie Carbajal

C'est une année bien compliquée pour les agriculteurs de la région qui doivent composer avec des aléas climatiques destructeurs pour leurs récoltes. Après le gel, ils subissent de plein fouet une sécheresse exceptionnelle.

"Il n'y a plus rien le choux est mort, la sécheresse est rentrée à plus de 20 cm, on dirait de la roche", déplore cette maraîchère d'Audembert, tout en tapotant le sol de ses récoltes, dur comme de la pierre.

Justine Bertoux observe ses parcelles de terre avec désolation : à cette période de l'année, ils devraient être remplis de pousses de légumes, choux, oignons, courgettes, poireaux, carottes... à la place, c'est un sol aride et craquelé où seules les mauvaises herbes survivent.

70% de ses cultures perdues

"J'arrose tous les deux jours, une à deux heures et il n'y a rien...Il n'y a plus d'eau dans les rivières ou dans les forages ou quoi que ce soit, je me branche sur l'eau du réseau qui coûte super cher mais quand j'arrose je ne suis même pas sûre du résultat, j'ai encore plus de charges et même pas de production derrière" , continue la maraîchère. 

C'est une année noire pour l'agricultrice, déjà victime du gel il y a six mois. Elle estime avoir perdu 70% de ses cultures soit 20 000 euros. La moitié de son chiffre d'affaires. 

Une situation qui la contraint à repenser son projet, "ça va faire plus d'un an que je ne me paye pas... Je me pose la question d'arrêter en fin d'année, ce n'est plus tenable".

"Même s'il se mettait à pleuvoir maintenant, c'est trop tard"

Cette sécheresse touche aussi les éleveurs : les pâtures asséchées ne donnent plus d'herbes à brouter. C'est le cas chez Didier et Nadine, chefs d'exploitation à Maninghem de 90 hectares et 150 bovins.

Sans pâtures, les vaches produisent moins de lait, alors les agriculteurs n'ont plus d'autres choix, "on tape dans les réserves d'hiver pour les nourrir, mais si ça continue comme ça, on va devoir vendre des bêtes", déplore Didier, qui chiffre déjà une perte de 15 à 20 000 euros sur son chiffre d'affaires. 

Une situation qui ne risque pas de s'arranger : pas de pluie prévue pour l'instant par Météo France, mais pour Didier, cela ne change rien, "Même s'il se mettait à pleuvoir maintenant, c'est trop tard".