Octuple infanticide : Dominique Cottrez très émue à l'ouverture de son procès

Dominique Cottrez, à l'ouverture du procès à Douai. / © AFP
Dominique Cottrez, à l'ouverture du procès à Douai. / © AFP

Le procès de Dominique Cottrez, ancienne aide soignante ayant tué huit de ses enfants à leur naissance à partir de 1989, a débuté jeudi devant la cour d'assises du Nord à Douai, avec une accusée très émue.

Par AFP

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La voix brouillée par l'émotion, Mme Cottrez, 51 ans, placée sur une chaise et non dans le box des accusés, s'est présentée au micro à la Cour. Cheveux coupés courts et lunettes rectangulaires vissées sur le nez, sa ronde silhouette enveloppée dans un long gilet gris, elle était en pleurs avant même le début de l'audience.


Elle comparaît pour le chef d'assassinat de huit mineurs de moins de quinze ans, pour lequel elle encourt la perpétuité. En juillet 2010, le nouveau propriétaire de la maison de ses parents à Villers-au-Tertre (Nord), avait découvert enterrés dans le jardin deux cadavres de nourrissons. Entendue par les enquêteurs, Dominique Cottrez avouait immédiatement avoir chez elle d'autres corps de bébés. On en retrouvera six, donnant à l'affaire son nom
de "l'octuple infanticide", d'une ampleur inédite en France.

Le procès, prévu pour s'achever jeudi prochain, devra faire la lumière sur les mécanismes qui poussent une mère à reprendre la vie qu'elle vient de donner. "Elle ne cherche pas à minimiser sa responsabilité. Son arrestation lui a permis de prendre conscience de ce qu'elle a fait", assure Me Frank Berton, l'un de ses deux avocats, à son arrivée au Palais de justice de Douai. "Elle était prisonnière d'une spirale psychique. Pour elle, ses enfants n'avaient aucune identité, ils n'étaient que le fait du rapport incestueux avec le père", a ajouté l'avocat en référence à l'un des coups de théâtre de l'instruction, quand Mme Cottrez avait relaté sa relation avec son père mort en 2007.

Le procès devrait notamment examiner le rapport avec son entourage familial, qui ne s'est jamais rendu compte de ses grossesses. "Mme Cottrez a fait savoir que si elle avait pu parler, si elle n'avait pas été dans un certain anonymat, on n'en serait pas arrivé là", a déclaré Me Rodolphe Costantino, avocat de l'association "Enfance et partage", constituée partie civile.

A l'ouverture de l'audience, l'époux, Pierre-Marie Cottrez, et les filles de Dominique Cottrez, se sont sans surprise constitués partie civile. Quatre-vingt dix journalistes ont été accrédités, quasi exclusivement des Français, d'après le parquet général de Douai.

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