Un enfant handicapé originaire de Beauvais mannequin pour une grande marque

Loukas Drugeon, handi-mannequin / © NO CAST
Loukas Drugeon, handi-mannequin / © NO CAST

Loukas, cinq ans, a participé à la campagne de rentrée d’une grande marque de prêt-à-porter. Atteint d’amyotrophie spinale, le jeune beauvaisien a pris la pose pour une nouvelle collection de vêtements faciles à enfiler.

Par MCP

Sur la photo publiée par Kiabi sur les réseaux sociaux, quinze enfants s’affichent fièrement pour promouvoir la collection de rentrée. Parmi eux, Loukas, cinq ans, un petit blond vénitien au sourire enjôleur originaire de Beauvais. Le garçon est le seul modèle en fauteuil roulant à prendre la pose.
 
Atteint d’une amyotrophie spinale qui l’empêche de marcher, il a été sélectionné par la marque pour participer au shooting photo de rentrée organisé à Senlis, mais aussi pour promouvoir une nouvelle collection de vêtements faciles à enfiler.  "Avec sa mère, nous sommes très fiers de lui, souligne son père Fabien Drugeon. Le photographe a halluciné tellement Loukas était à l’aise devant l’objectif. Le shooting photo était prévu sur deux heures, mais en une demi-heure c’était plié !".
 
Loukas prend la pose pour présenter une collection de vêtements faciles à enfiler. / © Kiabi
Loukas prend la pose pour présenter une collection de vêtements faciles à enfiler. / © Kiabi

Le jeune Beauvaisien est représenté par No Cast, une agence de mannequins juniors située en Île-de-France. "Loukas adore être pris en photo, explique le père de famille. Un jour j’ai vu passer une pub pour une agence qui acceptait le handi-mannequinat, donc avec l’accord de mon fils j’ai décidé de l’inscrire. Six mois plus tard, Kiabi nous a contacté".
 

Le handi-mannequinat boudé par les marques


Avec 10% de jeunes modèles en situation de handicap, No Cast est l’une des rares agences françaises à accepter tous les enfants. Malgré l’engouement de certaines marques pour intégrer différents profils à leurs campagnes publicitaires, Delphine Lalande, présidente de No Cast, reconnaît que cette tendance reste marginale. "En France, les marques sont encore timides avec le handi-mannequinat, souligne-t-elle. Elles ont peur d’être taxées d’opportunistes". La directrice explique que ces modèles sont de plus en plus recherchés par des sociétés de production artistique pour des films ou des séries mais beaucoup moins dans le milieu publicitaire.
 

"Tout est possible malgré les différences"


Pourtant, la présence de Loukas dans la campagne de Kiabi semble avoir porté ses fruits. Sur la page Facebook consacrée au combat de leur fils contre la maladie, les parents de l'enfant ont fièrement publié les photographies du shooting. "Depuis la diffusion des photos, nous avons reçu beaucoup de messages d’encouragements de la part de parents mais aussi d’enfants en situation de handicap, se félicite Fabien Drugeon. Ils se reconnaissent en Loukas et se disent que tout est possible malgré les différences".
 

Pas question pour autant de forcer le garçon à faire carrière dans le mannequinat. "S’il a des opportunités et qu’il veut poursuivre, nous le soutiendrons, tempère le papa. Mais nous ne l’obligerons jamais à faire quoi que ce soit".

Malgré sa maladie génétique, Loukas vient de faire son entrée en CP à Beauvais. Après être devenu l'égérie d'une collection de prêt-à-porter, le jeune garçon espère continuer à promouvoir l'ouverture d'esprit et la tolérance au quotidien. 
 

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