Le tournoi des Dianes, du tennis 100% féminin à Chantilly : "des débutantes peuvent jouer contre des professionnelles"

Lancé dans les années 70 par un bénévole, le tournoi des Dianes s’était imposé comme un rendez-vous majeur du sport féminin français avant de disparaître. Sa nouvelle version, fidèle aux origines, est de retour à Chantilly.
Match entre débutantes à l'occasion du lancement du tournoi des Dianes 2021 à Chantilly, le 4 septembre.
Match entre débutantes à l'occasion du lancement du tournoi des Dianes 2021 à Chantilly, le 4 septembre. © Tournoi des Dianes

Son retour est né d’une volonté de redonner la place qu’avait un jour tenue Chantilly dans le milieu du tennis féminin français. Pour se faire, l’association du tennis club de Chantilly accompagnée par l’entreprise Baseline a charbonné pendant un peu plus d’une année.Résultat, un lancement en grande pompe le samedi 4 septembre avec l’entrée en lice des débutantes. Le rêve devient réalité : l’édition 2021 du tournoi des Dianes disparu il y a près de 30 ans renait de ses cendres.

Débutantes, semi-pro et pro

Marrainé par l’ancienne joueuse de l’équipe de France, Pauline Parmentier, l’événement affilié à la Fédération française de tennis rassemble lors d’un tournoi commun joueuses débutantes, semi-professionnelles et professionnelles. Une évidence pour les organisateurs qui souhaitaient respecter l’ADN originel du tournoi.

C’était l’un des plus gros tournois français non professionnel. Des joueuses emblématiques comme Amélie Mauresmo y ont participé.

Axel Etienne, organisateur du tournoi pour Baseline et enseignant du tennis club de Chantilly

"À l’origine, le tournoi est né de la volonté d’un bénévole très actif du nom de Yves Cannevet. Le nom de Diane est choisi parce que plusieurs événements sur Chantilly le porte pour profiter du rayonnement du Grand Prix de Diane qui est un événement épique majeur, débute Axel Etienne. Il l’a monté de toutes pièces. On n'a pas les dates exactes, mais il a eu lieu entre les années 1975 et 1985, puis il ne se sentait pas assez aidé et a arrêté d’organiser l’événement."

Une initiative, parmi d'autres, qui fera de la ville de l’Oise une ville particulièrement engagée pour le sport féminin français. "Ce tournoi s’inscrivait et s’inscrit encore parfaitement là-dedans. Il avait vocation à aider les joueuses amatrices à basculer vers une pratique professionnelle. En rassemblant des amatrices et des professionnelles au même endroit, il y avait et il y a toujours cette volonté de créer une certaine émulation. A l’époque, il y a avait une dotation d’environ 10 000 francs pour les 16 dernières en lice. Ça reprensantait environ l’équivalent de 2000-2500 euros pour la gagnante", expose-t-il.

Le 2e plus gros tournoi français non professionnel

En plus de la reprise du nom Diane, l'esprit originel du tournoi se retrouve dans l'organisation de cette version 2021. "On a voulu un tournoi accessible à toutes, convivial. Même si c’est possible, mais peu probable, les débutantes, qui entrent en lice en premier, peuvent sur le papier rencontrer des joueuses semi-pro, puis professionnelles si elles remportent tous leurs matchs. On est heureux parce qu’une bonne vingtaine de débutantes s’est inscrite. On a un peu plus de 100 inscrites et on devrait atteindre les 120 inscriptions dans les prochains jours si les calendriers du circuit pro (WTA) ne chevauchent pas celui du tournoi."

À titre de comparaison, les plus grands tournois seniors français féminin affiliés à la FFT comme Moulins-lès-Metz en Moselle ont rassemblé ces derniers mois 70 inscrites contre 68 à Perros Guirec dans les Côtes d’Armor. Pour son retour, l’édition 2021 du tournoi des Dianes se place comme le 2e plus gros tournoi français féminin grâce à une dotation de 12 000 euros.

On a 10 joueuses dans les 60 meilleures françaises. Par exemple, Aravane Rezaï, ancienne numéro 15e mondiale au classement WTA, est présente. Et on espère en avoir quelques-unes entre la 100 et la 200e place mondiale, mais ça dépendra de leur calendrier.

Axel Etienne, organisateur du tournoi pour Baseline et enseignant du tennis club de Chantilly

Les organisateurs ont même pensé à séduire les non fan de tennis. Pour attirer le plus de monde possible et valider cette aspiration "de créer un événement de prestige", du 15 au 19 septembre des animations annexes sans lien avec le tennis sont prévues. "Il va y avoir un atelier axé sur le bien-être, des services de restaurations, des concerts", poursuit Axel Etienne.

Le résultat "d'une concordance de facteurs"

C'est donc un véritable retour en force pour ce tournoi qui avait progressivement disparu, malgré de timides tentatives de le remonter "La ville ne peut pas aider financièrement ce genre d’événements. Elle va mettre à disposition des structures, participer à la communication, mais elle ne peut pas faire plus. Donc il fallait un projet solide. C’était hors de question de revenir avec un événement pas prestigieux. Il y a eu une concordance de facteurs qui a facilité ce retour." L’élection de Jean Dominique Goualin au comité directeur de l’association y est pour beaucoup.

Relancer ce tournoi était une volonté affichée par le président actuel bien avant son élection. D’autres y avait pensé avant, mais lui a agi.

Axel Etienne organisateur du tournoi pour Baseline et enseignant du tennis club de Chantilly

Outre cette volonté, il s'avère que plusieurs enseignants du club de Chantilly sont engagés via  l’entreprise Baseline. Et que cette dernière dispose d’un pan évènementiel dont l'association a su profiter en lui confiant l'organisaion de l'événement. Axel Étienne, principal organisateur du tournoi, en est le parfait exemple puisqu’il donne notamment des cours une vingtaine d’heures par semaine au sein du club de tennis de Chantilly.

Une association engagée dans le sport féminin

De quoi s'assurer la bienveillance et l'accompagnement de la ville de Chantilly, d'ores et déjà reconnue en France pour son engagement dans le sport féminin (elle a notamment mis en place des sections sportives de foot féminin et propose l’Open de France de polo féminin).

À l’année, le club de tennis de Chantilly participe totalement à ce rayonnement-là. Le tournoi vient auréoler un travail de fond mené depuis des années par l’association pour faciliter la pratique du tennis par les femmes. Un travail qui paie. Pour l’année 2021, au moment où nous écrivons ces lignes, 115 femmes sont licenciées, ce qui représente un peu plus de 30% de l’effectif. "En règle générale, on est sur du 25% de moyenne dans les associations sportives de tennis en France."

Un élément qui peut en partie s’expliquer par le fait que le club s’est attaché à mettre en place une parité dans le groupe d’enseignants. "On est même sur une sur-parité avec 3 femmes et 2 hommes. On a aussi mis en place des groupes exclusivement féminins. Ce n’était pas toujours facile, ça pouvait en décourager certaines d’être la seule fille sur un groupe de six enfants. On a essayé de pallier ça. Ce tournoi c'est la vitrine de notre travail et on en est fier', conclut-il.

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