Banksy, Jeff Koons, Keith Haring : le street art à l'honneur dans une vente aux enchères inédite à Compiègne

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Écrit par Lena Malval

Samedi 18 juin, l’hôtel des ventes Actéon à Compiègne organise une vente consacré à l’art urbain. Peintures, sculptures et mobiliers design seront adjugés aux plus offrants. Les estimations vont de 20 à 5 000 euros.

Depuis 15 jours, l'hôtel des ventes Actéon de Compiègne a pris un coup de jeune. Sur les murs et dans les vitrines, le street art s'est emparé de la salle d'exposition. Photographie pop, collage à partir de bandes dessinées, mobilier industriel des années 70 ou encore graffiti encadré... Au total, 410 œuvres qui passeront sous le marteau du commissaire-priseur samedi 18 juin à partir de 14h.

Un catalogue 100% art urbain, une première pour la salle des ventes ouverte en 2018.

"Appeler la rue dans la salle

Parmi les 27 artistes représentés, on retrouve de grandes signatures de l'art contemporain telles que Bansky, Keith Haring ou encore Jeff Koons. Des œuvres originales, dont les estimations s'envolent jusque 5 000 euros pour certaines. Mais aussi des lithographies (reproduction d'œuvre en édition limitée). Celles de Bansky sont mises à prix 500 euros, mais pourraient atteindre des sommets. La dernière reproduction de l'artiste a été vendue par la salle compiégnoise 1 600 euros. 

"La richesse de l’art urbain, ce sont ses références à la bande dessinée, aux super-héros des comics, aux séries TV, au punk rock et au skateboard. Cela parle à tout le monde. Et même si depuis une dizaine d'années, la cote du street art ne cesse de grimper, cela reste encore accessible à tous. Le grand public comme le collectionneur", détaille la commissaire-priseur en charge de la vente, Me Philomène Wolf.

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Me Philomène Wolf évoque l'aspect grand public du street-art ©Pauline Lhermitte / FTV

Car l'ambition est bien celle-ci : dépoussiérer l'image des ventes aux enchères en attirant un nouveau public. "Lors de la vente, les portes de la salle seront grandes ouvertes, contrairement à d'habitude. L'idée c'est bien d'appeler la rue dans la salle", souligne la commissaire-priseur, qui voit depuis quelques jours, de nouveaux visages dans son étude. La durée d'exposition des œuvres au public avant leur mise en vente a d'ailleurs été modifiée : quinze jours au lieu de deux traditionnellement. 

La quête aux street-artistes

Si les commissaires-priseurs ont l'habitude d'être sollicités par les propriétaires d'objets d'art, cette fois-ci la démarche était différente. Depuis le mois de mars, l'équipe d'Actéon Compiègne est partie sur le terrain, à la recherche d'œuvres à vendre.

C'est en visitant l'exposition Transition Les Portes à Saint-Riquier, dans la Somme, que Me Philomène Wolf a trouvé son bonheur. 150 artistes y étaient présentés et tous, ou presque, lui ont tapé dans l'œil : "on a eu des coups de cœur, esthétiquement et émotionnellement parlant. Alors on a contacté une grande partie des artistes exposés pour leur proposer de participer à la vente. La majorité vient des Hauts-de-France ou du Val d'Oise."

Tels que la Samarienne K-Yôo, le graffeur Juan Spray ou encore le Compiégnois Spik qui réalisera une œuvre en direct samedi, entre 10h et 12h. Un autre artiste, 2FLUI, originaire du Val d'Oise, graffera aussi en live. Les créations seront ensuite insérées dans la vente aux enchères. 

Un rendez-vous durable

Baptisée STREET ART EXPERIENCE #1, la vente consacrée à l'art urbain pourrait devenir un rendez-vous annuel. C'est en tout cas le souhait de Me Wolf, qui voudrait reproduire l'expérience dès le mois de juin prochain. Pour attirer le plus grand nombre, la vente est aussi retransmise sur internet via le site d'enchères en ligne Interencheres