Démantèlement d’un trafic à Compiègne : la préfecture de l’Oise vante sa "lutte acharnée" contre les stupéfiants

Après l’arrestation de quatre individus et la condamnation en comparution immédiate de trois d’entre eux pour trafic de stupéfiants à Compiègne, le cabinet de la préfète de l’Oise détaille la stratégie de "harcèlement" à l'œuvre contre consommateurs et vendeurs.

La préfecture de l’Oise et la procureure de Compiègne ont annoncé, vendredi 28 mai, le démantèlement d’un trafic d’héroïne, de crack et de cannabis dans le quartier du Clos-des-Roses, qui générait un chiffre d’affaires annuel estimé à près de 100 000 euros.

Un mineur a été mis en examen par le juge pour enfants et trois majeurs ont été condamnés en comparution immédiate à des peines d’emprisonnement fermes avec mandats de dépôt.

Notons qu'en début de semaine, un autre gros coup de filet avait été réalisé près d'Amiens : le RAID avait arrêté un automobiliste à Boves avec 20 kilos d'héroïne, parti de Belgique direction Nantes, permettant à la police de lancer une opération de grande envergure dans la capitale des Pays de la Loire.

Dans l'Oise, ce nouveau démantèlement est le fruit d’une collaboration entre le commissariat de police et le renseignement territorial. "C’est un succès de plus pour la tranquillité des Compiégnois", se réjouit Cyriaque Bayle. 

Le directeur de cabinet de la préfète de l’Oise en profite pour détailler la "lutte acharnée contre les trafics de stupéfiants" qu’auraient impulsé la préfète de l’Oise, la procureure de Compiègne et le commissaire de police de Compiègne, tous trois nommés ces derniers mois : "C’est leur priorité depuis septembre, éviter de faire de la ville une base arrière du trafic parisien."

4 amendes par jour et de “multiples” interpellations

La politique des nouvelles autorités régaliennes de l’Oise se traduirait d’abord par un "harcèlement des consommateurs et des vendeurs".

Pour les premiers, l’amende forfaite délictuelle (AFD) de 200 euros, généralisée par la loi en France depuis le 1er septembre, est amplement utilisée. "La préfète a voulu une application vraiment concrète dès le premier jour, raconte Cyriaque Bayle. Elle a donné comme consigne qu’on ait des opérations quasi-quotidiennes dans les points de deal identifiés." Résultat : quatre AFD seraient dressées chaque jour dans les circonscriptions de police de Beauvais, Creil et Compiègne, soit 470 depuis le début de l’année.

Pour les seconds, la politique pénale a été réorientée par la préfète vers des enquêtes courtes de quelques semaines, avec une Cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROF) réunissant policiers, gendarmes, douaniers, renseignement territorial et police judiciaire. "Plutôt que de partager des informations au cas par cas, ils se réunissent toutes les deux semaines, explique Cyriaque Bayle. Cela donne des informations plus solides et des enquêtes plus efficaces qui favorisent les comparutions immédiates."

Le directeur de cabinet cite deux autres démantèlements récents : en mars, quatre kilos de drogue, pour une valeur 95 000 euros, saisis dans un appartement nourrice de Compiègne "qui abreuvait 10 points de deal" ; en avril, 27 000 euros de drogue saisie dans le nord-est compiégnois, avec plusieurs interpellés qui devraient être jugés en juillet.

Économie souterraine et représailles

La lutte contre les trafics de stupéfiants ne s’arrête toutefois pas là. "Il y a toujours cette économie souterraine qui gangrène l’Oise, des commerces - restauration, téléphonie mobile - qui blanchissent l’argent de la criminalité et un système d’omerta, de dettes, qui exigent un travail au long court", détaille Cyriaque Bayle. 

La préfecture assure qu’elle s’y attaque également. L’an dernier, 14 opérations de contrôle administratif auraient été menées contre cette société parallèle, 10 auraient débouché sur des procédures judiciaires.

L’Oise n’est pas le seul territoire où cette stratégie tente de s’appliquer. Dans le Nord aussi, les autorités de l’État disent avoir renforcé leur lutte contre les trafics de stupéfiants. Dans un cas comme dans l’autre, l’année écoulée a été émaillée de violences urbaines, interprétées comme des représailles. "La plus forte présence policière pendant les confinements perturbait les trafiquants", confirme Cyriaque Bayle, nécessitant parfois l’intervention solidaire et temporaire des CRS de Lille.

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