Oise : le protoxyde d'azote, gaz hilarant qui ne fait pas rire le maire de Pont-Sainte-Maxence

Publié le Mis à jour le
Écrit par Valentin Pasquier avec Romane Idrès
Ces capsules jonchent parfois les chaussées et trottoirs des villes : elles étaient auparavant remplies de protoxyde d'azote, un gaz hilarant utilisé à des fins récréatives mais nocif.
Ces capsules jonchent parfois les chaussées et trottoirs des villes : elles étaient auparavant remplies de protoxyde d'azote, un gaz hilarant utilisé à des fins récréatives mais nocif. © Poupeau Thomas / Max PPP

Utilisé en patisserie dans les siphons à chantilly, le protoxyde d'azote - appelé aussi gaz hilarant - est devenu une drogue. Pour lutter contre cet usage détourné et dangereux pour la santé, la mairie de Pont-Sainte-Maxence (Oise) a pris un arrêté pour en interdire la vente aux mineurs.

Vous avez déjà aperçu ses petites cartouches grises, en forme de douilles, qui jonchent les trottoirs au lendemain des soirées étudiantes ? Elles pourraient bien devenir un enjeu de santé publique, cer elles contiennent du protoxyde d'azote, un gaz hilarant qui, lorsqu'il est inhablé directement, provoque des fous rires et des distorsions visuelles et auditives.

"On respire le gaz dans le ballon comme on respire normalement. L'effet, en gros, c'est la tête qui commence à tourner, on fait que rigoler. Des fois quand on en a pris un peu trop, on tombe le cul par terre, mais une minute après on est debout à nouveau," raconte un utilisateur qui souhaite conserver l'anonymat.


Une drogue accessible

Et si les ados et les jeunes adultes en raffolent, c'est aussi parce que le "proto" est complètement légal, en vente libre, et à un prix accessible. Car à l'origine, ces cartouches ont un simple usage alimentaire. Les six cartouches s'achètent contre près de 6 euros.

Alors quand le maire de Pont-Sainte-Maxence a constaté que des habitants de sa commune en consommaient... il a pris un arrêté pour en interdire la vente aux mineurs. "À des fins de prévention, poiur sensibiliser la jeunesse, leurs parents - qui peuvent se trouver dans l'inconu face à ce phénomène - et les chefs d'établissement, puisque j'ai adresse cet arrêté du vendredi 23 août aux directeurs d'école, principaux de collège et proviseur de lycée."

S'il est le premier en Picardie à prendre cette mesure, d'autres maires de France ont déjà sauté le pas. Car ce gaz n'a finalement rien de drôle : en remplaçant l'oxygène dans le sang, il empêche une bonne oxygénation de l'organisme, et notamment du cerveau. C'est ce qui peut provoquer des nausées ou des maux de têtes notamment.
 

Avec d'autres substances, un cocktail explosif

Mais s'il est couplé avec d'autres substances, le cocktail devient explosif. Près d'une vingtaine de personnes sont mortes après avoir inhalé ce gaz en Grande-Bretagne, et au moins deux en France. "Certains personnes le prennent avec d'autres produits, par exemple de l'alcool. Cela peut entraîner des réactions un peu imprévisibles, notamment des décès, confirme Alain Dervaux, professeur en psychiatrie-addictologie au CHU d'Amiens.

"Aux États-Unis, ont été décrites des pertes de vitamines B12 qui induit des troubles neurologiques, dont des scléroses de la moelle épinière et des paralysies. C'est rare, mais c'est extrêmement grave," poursuit le médecin.

Interpellée par la sénatrice du Nord Valérie Létard, la ministre de la Santé Agnès Buzyn assure avoir conscience du problème. Elle ne parle cependant pas pour le moment de légiférer sur le sujet.

Notre reportage à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Oise : le protoxyde d'azote, gaz hilarant qui ne fait pas rire le maire de Pont-Sainte-Maxence ©France 3 Hauts-de-France

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