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Hôpital de Béthune : face à la fermeture envisagée du service cardiologie, la résistance s'organise

Elus et personnels soignants se sont rassemblés mardi devant l'hôpital de Béthune pour protester contre la fermeture du service cardiologie. Le maire de la commune, Olivier Gacquerre (UDI), demande la démission du directeur de l'hôpital. 
Une mobilisation face à l'hôpital de Béthune était organisée mardi.
Une mobilisation face à l'hôpital de Béthune était organisée mardi. © Amel Gacquerre
C'est un avis de fermeture qui ne passe pas. Aux yeux d'Olivier Gacquerre, maire (UDI) de Béthune, la fermeture programmée de l'unité cardiologique de l'hôpital de Béthune est un premier pas vers la fermeture totale de l'hôpital. "On déshabille l'hôpital de Béthune pour construire un hôpital surdimensionné à Lens", se désolé l'élu. 

Béthune et Lens font en effet partie d'un même regroupement d'hôpitaux, incluant aussi Hénin-Beaumont et La Bassée. Or, le directeur du regroupement est également le directeur de ces hôpitaux, ce qui représente pour Olivier Gacquerre un problème. "Lorsque M. Mackowiak (le directeur ndlr) est arrivé il y a 2 ans, il a été décidé de supprimer du personnel. De fait, la qualité des soins a été dégradée et il y a eu moins d'usagers et moins d'activité", constate le maire de Béthune. 


Lens plutôt que Béthune


Quelques mois plus tard, la rumeur court que le service cardiologique de Béthune n'a pas d'avenir. C'est ce qu'annonce en tout cas le directeur de l'hôpital aux médecins de Lens, d'après Olivier Gacquerre. "Forcément, les cardiologues de Béthune ont pris peur et sont partis. Aujourd'hui, la direction de l'hôpital justifie la fermeture du service par l'absence de médecins. Mais c'est M. Mackowiak qui est à l'origine du problème !"

"On va obliger les populations à se rendre à Lens, mais tout le monde n'en a pas la possibilité", ajoute Pascal Fovet, secrétaire CGT au centre hospitalier de Béthune. "Et puis à Lens, où va-t-on les accueillir ? Dans quelles conditions ? On est déjà dans un bassin de population en grande difficulté..."


Mobilisation


Ce mardi, plusieurs élus et personnels soignants se sont donc rassemblés devant l'hôpital de Béthune pour dénoncer cette situation et réclamer le maintien du service cardiologique. "L'Agence Régionale de Santé a déjà été sensibilisée à la question mais n'a pas répondu", regrette Olivier Gacquerre. "Et si on doit compter sur le directeur... Quand il est arrivé, il m'a assuré qu'on ne toucherait pas à l'hôpital de Béthune. Il m'a menti", assène le maire. 



Côté syndicats, on attend une réponse ferme de l'Agence Régionale de Santé, qui sera représentée au Conseil de surveillance extraordinaire prévu le 2 octobre. "Ceux qui payent cette fermeture, ce sont les 52 personnels concernés. La plupart étaient spécialisés en cardiologie, ce sont des compétences perdues. Cette fermeture se fait aussi aux dépens des CDD, cela représente des pertes d'emploi pour notre bassin", se désole Pascal Fovet. 

Pour le moment, seul le service cardiologique est menacé, "même s'il représente à lui-seul la moitié des urgences", souffle le maire. Sa crainte : qu'on touche également aux blocs opératoires, à la filière gériatrique, à la maternité... Bref, à l'hôpital tout entier. "J'ai demandé à nouveau un rendez-vous avec l'ARS. Xavier Bertrand en a fait de même. J'ai aussi alerté notre député ainsi que notre sénateur. On verra", conclut le maire. 

Le service doit fermer au 31 octobre. Des pneumologues de l'hôpital de Lens auraient également démissionné. La direction n'a pas répondu à nos sollicitations. 


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