Calais : l'interdiction de distribution de repas aux migrants par des associations non-mandatées par l'Etat prolongée

Seule l'association La Vie Active a le droit de faire des maraudes à Calais pour distribuer des repas aux migrants depuis le 10 septembre.
Un camp de migrants à Calais.
Un camp de migrants à Calais. © SEBASTIEN COURDJI/MaxPPP
Pour la troisième fois depuis le 10 septembre, le préfet du Pas-de-Calais, Louis Le Franc, a prolongé, jusqu'au 14 décembre, l'interdiction faite aux associations non-mandatées par l'Etat de distribuer des repas aux migrants dans certains lieux du centre-ville de Calais.

L'interdicton, instaurée le 10 septembre, avait déjà été prolongée le 30 septembre et le 19 octobre. Interrogée sur cette temporalité très courte, la préfecture répond que "tout acte administratif doit être motivé et limité dans le temps. La décision d'interdire la distribution de denrées par des associations non mandatées par l'État en certains lieux du centre-ville de Calais est donc réexaminée à intervalles réguliers afin de savoir si elle est toujours adaptée".

Plus de 140 000 repas distribués par l’État depuis le 1er septembre 2020

La préfecture justifie cette décision en invoquant "les nombreux troubles à l'ordre public" que la distribution de repas par les associations engendrerait. Mais aussi, elle estime que les attroupements qui résultent de la distribution de repas augmentent les risques sanitaires liés à l'épidémie. "L’exposition de la ville de Calais au risque de diffusion de la Covid-19 nécessite de prévenir tout rassemblement spontané de personnes où cette diffusion est facilitée par la proximité", juge la préfecture.

Depuis la prise de cet arrêté, seul l'association "La Vie Active", mandatée par l’État, a le droit d'effectuer des maraudes alimentaires mobiles. "Depuis le 1er septembre 2020, 140 256 repas ont été distribués par l’État", a calculé la préfecture.

Plusieurs associations, scandalisées par cette interdiction, avaient saisi le tribunal administratif de Lille puis le Conseil d'Etat. Ni l'un ni l'autre n'avait suspendu l'arrêté initial.  
 
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