"Je l'ai fait en solo mais je n'ai jamais été autant accompagnée" : Après un tour de France de 5500 km à vélo, Ophélie David est arrivée à Étaples

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Écrit par Anas Daif

La championne du monde de skicross s'est lancée dans une folle aventure : parcourir 5500 km à vélo en longeant les frontières et littoraux français. Après 40 jours de course, Ophélie David est de retour à Étaples-sur-Mer.

Après 40 jours d'aventure, Ophélie David a franchi la ligne d'arrivée de son tour de France ce dimanche 3 juillet. En tout, elle a parcouru 5500 kilomètres en longeant les frontières et littoraux français à vélo, dont 56.000 mètres de dénivelé positif.

La championne du monde de skicross et quadruple médaillée olympique s'était lancée le 25 mai dernier au départ d'Etaples. "Je suis quelqu'un qui fonctionne pas mal au défi, j'ai besoin de me sortir de ma zone de confort, explique-t-elle. J'ai déjà fait des étapes assez sportives, des enchaînements de cols dans les massifs, des sorties longues... C'est mon côté sportive et joueuse."

Découvrir la France et ses habitants "d'une manière sportive"

Pour ce défi, le vélo lui est apparu comme une évidence. "Je trouve que c'est un engin incroyable de déplacement, de découverte, c'est un outil magique et en plus, non polluant". Elle s'est lancée dans ce challenge "pour le voyage et pour l'aventure, il y a des endroits de France que je ne connaissais pas, je voulais rencontrer les gens, dormir chez eux le soir". Cela faisait un bon moment qu'elle avait "cette envie, ce rêve de partir à la découverte de [son] pays et de ses habitants d'une manière sportive".

Quand elle a décidé de sauter le pas, elle a "tout de suite appelé Philippe Fait en lui expliquant ce que j'imaginais. Il a tout de suite rebondi et compris la démarche". Elle explique ne pas avoir voulu "le faire pour une association ou parce que quelque chose de dur m'arrive dans la vie", mais simplement parce qu'elle en avait envie.

Une aventure connectée et collective

La native de Cucq était suivie par plusieurs classes de primaire à qui elle répondait régulièrement aux questions sur les réseaux sociaux, notamment via la page Facebook de la mairie d'Etaples-sur-mer. De quoi leur donner un exemple de détermination et leur montrer que tout le monde peut accomplir ses rêves et objectifs.

Pour partager son aventure, Ophélie David a utilisé les réseaux sociaux. Sur Instagram, il était possible de suivre chacune de ses étapes en temps réel. "Je postais mes itinéraires sur Instagram et chaque matin il y avait un le live-tracking, les gens connaissaient ma trace et pouvaient se joindre à moi. Certains pour 10 km, d’autres pour plus, d’autres pour des étapes entières." 

Le soir, elle dormait chez des habitants volontaires. "Pour certains, c'était des amis, des amis d'amis, des enfants du voisin du copain, détaille-t-elle en riant. Grâce à la magie des réseaux sociaux, des inconnus ont ouvert leur porte à une étrangère. Il n'y avait que de la bienveillance et de la gentillesse." Et à quelques kilomètres de son arrivée, elle a été accompagnée par l'AS Etaples cyclotourisme.

Tout ce soutien lui a permis de tenir la cadence face aux "140 kilomètres en moyenne par jour", à "une itinérance fatigante" et "une météo qui n'était pas exactement celle que j'imaginais pour un mois de juin".

"On a tous des ressources insoupçonnées au fond de nous"

À son arrivée à Etaples, où elle bouclait la boucle, Ophélie David s'est dit "heureuse que ce soit terminé" mais surtout "heureuse de l'avoir fait". Quand on lui demande ce qu'elle a appris d'elle-même et des autres, elle estime "qu'on a tous des ressources insoupçonnées au fond de nous".

Elle note également une incroyable entraide de la part des Français qu'elle a croisés sur son chemin. "Cette énergie qu'on arrive tous à mettre en commun, cette espèce de ramification qu'on peut créer, ça m'a donné confiance. Je suis partie en solitaire mais pourtant j'ai été extrêmement entourée".

Ce défi lui a permis de croiser "des gens de tous les univers, de toutes les régions" qui lui ont offert un peu de leur temps. Cette solidarité "m'a donné confiance pour l'avenir", conclut-elle. L'heure est désormais au bilan et au repos.