Que vont devenir les chevaux du centre équestre de l'Ecusson à Blendecques après sa fermeture ?

Depuis l'annonce de la fermeture du centre équestre de l'Ecusson à Blendecques vendredi dernier, les licenciés sont inquiets. Si dans un premier temps les adhérents étaient prioritaires sur le rachat des chevaux, la propriétaire aurait finalement reçu favorablement la proposition d'un professionnel prêt à racheter tous les équidés. Certains licenciés se sentent floués.

"À la suite de la réunion du comité du 2 août 2023, il a été décidé, à grand regret, de cesser l'activité du Centre Equestre au 31 août de cette année (...) les équidés seront donc mis en vente, les adhérents ayant la possibilité de les acquérir en priorité"

C'est par ce communiqué publié sur la page Facebook du centre équestre de l'Ecusson, que les 180 adhérents du club ont appris la nouvelle de la fermeture du centre. Une décision difficile mais nécessaire, selon la propriétaire Catherine Houzet, résultat de la baisse du nombre d'adhérents "27% de moins en un an", "la trésorerie ne permettait plus de faire face aux règlements des dépenses engagées par le club", indique le communiqué.

Des adhérents mobilisés

La nouvelle attriste dans un premier temps les adhérents, attachés au club et aux chevaux qu'ils montent parfois depuis plusieurs années. Les coups de téléphone de licenciés affluent chez la propriétaire du site pour se positionner sur des rachats d'équidés. "J'étais un peu soulagée de savoir qu'on pourrait racheter nos chevaux, confie Joanne*, licenciée depuis quatre ans, et puis je suis tombée de haut".

En effet, deux jours après la diffusion du communiqué, les adhérents apprennent qu'un marchand de chevaux et un futur gérant d'écurie sont venus voir les équidés et que ceux-ci avaient été vendus. "Je vous laisse imaginer la tristesse des cavaliers qui avaient prévu de les reprendre", évoque Justine*, ancienne licenciée du club.

Les adhérents qui s'étaient positionnés sur l'achat des chevaux qu'ils avaient l'habitude de monter se sentent alors floués et trahis par Catherine Houzet, dont la famille est propriétaire du site. Depuis, un groupe de licenciés se mobilisent chaque jour au centre équestre, pour surveiller le potentiel départ des 28 chevaux. 

"Ce dont nous avons le plus peur, c'est que les chevaux, qui ont pour certains plus de 30 ans, soient envoyés à l'abattoir par ce nouvel acheteur", s'alarme Alice*, licenciée du club depuis 16 ans, qui s'était positionnée sur l'achat d'un des chevaux. 

Une offre qu'on ne peut pas refuser

Contactée, Catherine Houzet réfute totalement cette option : "l'acheteur est quelqu'un de très sérieux, ils n'iront jamais à l'abattoir ! Il a une bonne réputation et il est prêt à reprendre tous les chevaux, c'est exceptionnel comme proposition ! Les chevaux ont besoin de rester en troupeau, avec leurs congénères, sinon ils en souffriront", souligne la propriétaire du site.

L'acheteur serait un gérant d'un club équestre situé dans la Somme. Lorsqu'ils ont appris le projet de rachat, les licenciés auraient alors tenté de négocier avec Madame Houzet "elle n'a rien voulu savoir, elle nous a dit qu'il fallait fournir une grosse somme d'argent pour les récupérer, soit 87 509 euros. Elle a triplé le prix, un cheval coûte autour de 1700 euros, aujourd'hui elle fixe le prix 6900 euros".

"On a trouvé une excellente solution avec ce racheteur", affirme de son côté la propriétaire, qui se dit tout de même prête à entendre les propositions des adhérents "mais les chevaux doivent partir tous en même temps, au 31 août le site doit être vidée".

En attendant, le groupe de licenciés mobilisés tente de trouver par tous les moyens une solution pour que les chevaux ne partent pas dans la Somme et veulent surtout éviter "qu'un tri se fasse pour que des chevaux finissent en boucherie" commente une adhérente.

Ce soir, une rencontre est organisée entre Catherine Houzet et des membres du groupe mobilisé, venant chaque jour depuis l'annonce au centre équestre "pour surveiller que les chevaux ne soient pas emmenés dans notre dos".

* Les prénoms ont été changés à la demande des personnes interrogées

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