Vidéo : Des restauratrices d'art au chevet de tableaux du musée Sandelin de Saint-Omer

Malgré le confinement, il y a de la vie dans les musées. A Saint -Omer, le musée Sandelin accueille ces jours-ci des restauratrices de tableaux. Des interventions de conservation préventive essentielles à la pérennité des oeuvres, datant parfois du plusieurs siècles.
Hélène Wallart, restauratrice d'art travaille sur cette huile sur bois "Le baptême du Christ" au musée Sandelin de Saint-Omer
Hélène Wallart, restauratrice d'art travaille sur cette huile sur bois "Le baptême du Christ" au musée Sandelin de Saint-Omer © Edouard Merlo
Les gestes sont techniques et précis. Sur la table d'opération du musée Sandelin de Saint-Omer, "Le Baptême du Christ". Une huile sur bois Hollandaise, anonyme du 16 ème siècle. A son chevet, Hélène Wallart, restauratrice de tableaux. L'oeuvre présente des soulèvements, la matière picturale n'adhère plus au support. Il faut alors poser des petits morceaux d'adhésif et au bout du pinceau de la colle de poisson, un produit naturel : "On infiltre de la colle qui demande à être réactivée avec de la chaleur et elle nécessite aussi une pression. Tout cela doit se faire quand le tableau est à plat. Là c'est un support bois qui est rigide mais quand c'est un support toile, on met en dessous une petite cale qui permettra d'exercer cette pression sans déformer le tableau".
 
Des restauratrices d'art au chevet de tableaux du musée Sandelin de Saint-Omer

Les restaurations se font aussi dans l'atelier 


Autre soin dispensé, un nettoyage sur cette huile sur toile de François Chifflart. Pour cette opération, Clémence utilise un grand coton-tige qu'elle trempe dans un flacon de la salive artificielle: "L'avant après ne sera pas flagrant mais on voit déjà qu'il y a une couche d'encrasement".
Nettoyage de cette huile sur toile de François Chifflart (1825-1901)
Nettoyage de cette huile sur toile de François Chifflart (1825-1901) © Edouard Merlo
 
Au musée Sandelin, plusieurs fois par an, des oeuvres sortent ainsi des réserves pour être restaurées. Pour Romain Saffré, le directeur et conservateur des musées de Saint-Omer, ces interventions sont fondamentales : "Elles permettent au public souvent de redécouvrir des oeuvres qui n'étaient plus visibles, parfois depuis plusieurs dizaines d'années. Et puis cela permet d'en savoir plus également sur les collections. Le travail des restauratrices nous en apprend sur la matérialité de l'oeuvre, son histoire ou d'autres restaurations qui n'étaient pas forcément visibles".
 Ces tableaux ainsi restaurés pourront prochainement être accrochés et présentés au public dès que le musée aura l'autorisation de rouvrir ses portes.


 
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