Fermeture des buvettes : un coup dur pour les clubs de foot en Picardie

Publié le
Écrit par Gaelle Fauquembergue
La buvette du FC Chambly lors d'un match en 2018.
La buvette du FC Chambly lors d'un match en 2018. © Aurélien Barège/ FTV

Depuis décembre 2021, l’interdiction de consommer debout et les jauges lors des grands rassemblements ont contraint les buvettes des clubs de football, entre autre, à fermer. Un manque à gagner évident pour ces associations sportives, avec des conséquences financières considérables. En Picardie, beaucoup d’entre eux craignent pour la fin de la saison.

Depuis fin décembre, impossible pour le camblysien club d’ouvrir sa buvette. "J’accepte, je comprends la cause. Mais forcément, ce n’est pas sans conséquence pour nous", se confie dans un soupir Fulvio Luzi, président du club de football de Chambly.

Terminés aussi les repas de fin de match, et forcément, les ventes de la boutique sont en berne : une perte nette de 7 000 euros à chaque match. "J’accepte la situation, on pourrait perdre jusqu’à 70 000 euros sur la saison, mais je reste optimiste et on voit au jour le jour, je préfère ne pas y penser !", explique Fluvio Luzi.

Il faut dire que le club camblysien n’est pas épargné. Omicron a beaucoup touché autant le staff que les joueurs. "On espère que ça ne dure pas trop longtemps, c’est tout. Il y a le côté financier, mais ce n’est rien comparé à l’humain..."

On pourrait mettre quelques tables, les gens s’installeraient, comme au café ou au resto, mais non, nous on n’a pas le droit !

René Playe, président du club de football de Longueau, est lui beaucoup plus remonté. Cette année, ses pertes devraient facilement atteindre 10 000 euros : "Ce week-end, on reçoit Abbeville. Avec disons 200 personnes au stade, dont une centaine qui consomme en moyenne pour cinq euros, vous imaginez le manque à gagner ? En plus, notre buvette est à l’extérieur et on contrôle les pass sanitaires à l’entrée, donc on pourrait mettre quelques tables, les gens s’installeraient, comme au café ou au resto, mais non, nous on n’a pas le droit !"

Le président a été contraint d’annuler un tournoi à la fin du mois. Il l’a reporté à février, sans certitude qu’il pourra avoir lieu, tout comme trois autres tournois : "comment je fais pour garder à chaque fois 150 gamins sans les faire manger de 8h à 17h ? Et bien, je ne peux pas, donc il va sans doute falloir annuler, si une nouvelle décision gouvernementale n’est pas prise." René Playe ne sait pas comment il finira financièrement l’année, si la situation perdure.

L'Olympique saint-quentinois pourrait perdre 20% de son budget

Même pensée pour André Demoor, secrétaire général du club de Nationale 2 de Saint-Quentin. "L’an dernier nous avons eu des aides de l’état donc on s’en est sorti, mais cette fois, on n’a rien, à priori… On perd la buvette, les entrées, etc." Le club pourrait perdre jusqu’à 20% de son budget annuel, qui avoisine les 800 000 euros. "On devrait quand même pouvoir tenir. Enfin sauf si la buvette reste fermée jusqu’à la fin de la saison. Dans ce cas, on tentera de limiter les pertes à 10%", explique André Demoor.

Et outre la perte des recettes des entrées et de la buvette, il y a aussi le problème des sponsors. Certains ont décidé de se retirer du jeu à Saint-Quentin. Accusant eux-mêmes des grosses pertes financières dues à la COVID-19, il leur est impossible de continuer à financer le club. 

Les buvettes resteront fermées au moins jusqu’au 24 janvier. Les associations espèrent évidemment ne pas voir ces mesures se prolonger.

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