Cet article date de plus de 5 ans

Surpopulation carcérale : Manuel Valls annonce un "plan spécifique" pour le parc pénitentiaire

Alors que le niveau de surpopulation carcérale a atteint un nouveau record avec 69.375 personnes incarcérées pour 58.311 places, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé ce lundi 5 août un plan à l'automne pour le parc pénitentiaire, lors d'une visite à la maison d'arrêt de Nimes. 
Nîmes - Manuel Valls en visite dans la prison la plus surpeuplée de France - 8 août 2016.
Nîmes - Manuel Valls en visite dans la prison la plus surpeuplée de France - 8 août 2016. © SYLVAIN THOMAS / AFP
Le gouvernement présentera à l'automne un plan "spécifique, concret, précis" et surtout "financé" pour le parc pénitentiaire, a promis lundi Manuel Valls lors d'une visite à la maison d'arrêt de Nîmes, qui détient le record français de surpopulation carcérale. 
La "pause" estivale du gouvernement à peine entamée, le Premier ministre et le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas ont passé plus de deux heures à la maison d'arrêt de Nîmes, Manuel Valls relevant sa situation "particulièrement critique".

Un niveau record de surpopulation 

Elle accueille à l'heure actuelle 406 détenus, hommes et femmes, pour une capacité théorique de 192 places, selon son directeur Luc Joly. Le 1er juillet, le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un nouveau record avec 69.375 personnes incarcérées pour 58.311 places. Mais, malgré des attentes fortes, le Premier ministre s'est gardé de toute annonce définitive, martelant que "le gouvernement agit".

"Le gouvernement agit, et tout particulièrement depuis que Jean-Jacques Urvoas est garde des Sceaux", a-t-il déclaré, dans une allusion à peine cachée à son inimitié notoire pour l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira. M. Valls a indiqué que "des réflexions sont en cours qui permettront de faire face à l'accroissement de la population carcérale à moyen terme". "Des pistes seront présentées à l'automne, avec un plan spécifique, concret, précis, financé - car par le passé il y a eu tant d'annonces mais jamais financées- sur le parc pénitentiaire".

Des alternatives à la détention 

Citant des travaux de rénovation en cours dans des établissements vétustes, comme la Santé à Paris, ainsi que l'ouverture de nouveaux établissements, à Beauvais ou Valence, il a estimé qu'"il reste cependant beaucoup de travail à faire".

"Nous avons créé plus de 1.100 postes dans l'administration pénitentiaire", a aussi fait valoir le Premier ministre.


La maison d'arrêt de Nîmes, sanctionnée il y a un an par le Conseil d'Etat, "concentre les difficultés: surpopulation féminine, augmentation du nombre de matelas par terre", a-t-il relevé, se refusant cependant à toute annonce spécifique sur cet établissement.

Une enveloppe de 200.000 euros a été débloquée pour établir différents scenarii de réfection et d'extension, et évaluer leur coût, a précisé M. Joly. De son côté la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) a mis en garde lundi contre la tentation de créer des places supplémentaires pour résoudre le problème de la surpopulation carcérale. "L'Histoire a montré que plus on construisait de places, plus elles étaient remplies",
a affirmé Adeline Hazan, "pas du tout d'accord" avec la droite qui réclame 10.000 à 20.000 places de prison supplémentaires. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
politique prison justice société