Retour sur les 10 événements qui ont marqué l'année 2019 en Picardie

La rédaction de France 3 Picardie revient sur les événements qui ont marqué 2019. / © FTV
La rédaction de France 3 Picardie revient sur les événements qui ont marqué 2019. / © FTV

La rédaction de France 3 Picardie a sélectionné 10 événements qui ont marqué l'année 2019 en Picardie, racontés par ceux qui ont fait l'actualité. 

Par Romane Idres

2019 a été riche en actualité dans la région... Et particulièrement en conflits sociaux. En Picardie comme dans le reste de la France, les gilets jaunes ont occupé les ronds-points chaque samedi pendant des mois. Les annonces du gouvernement se sont succédées mais n'ont pas vraiment calmé la colère qui s'exprimait dans la rue et dans l'espace professionnel. Les grèves ont rythmé l'année de nombreux corps de métier. Avocats, policiers, surveillants pénitentiers, cheminots, enseignants, et d'autres encore...

La grogne des pompiers 

Les pompiers, eux, sont en grève depuis le 26 juin dans toute la France. À Saint-Quentin comme ailleurs, après six mois de mobilisation, les revendications n'ont pas changé : ils demandent une amélioration des conditions de travail, une augmentation des moyens et des effectifs, et dénoncent la hausse du nombre d'agressions.
 

"On nous demande de prendre soin de la population, mais on ne prend pas soin des pompiers...", Julien Lefèvre, sapeur-pompier à Saint-Quentin.
 

 

Malaise aux urgences

Les professionnels de santé aussi arrivent à bout de souffle. Partout en France, les services d’urgences se sont mis en grève. En Picardie, le mouvement est suivi dans une douzaine d'hôpitaux, et particulièrement dans l'Aisne. Les revendications sont proches de celles des pompiers : manque de moyens, problèmes d’effectif, surcharge de travail, insécurité au travail… Les soignants tirent la sonnette d’alarme, et les annonces du gouvernement n’ont pas suffi à les convaincre.

"Des violences, tous les jours on en subit. Quand on se fait insulter, quand on nous parle mal, pour moi, c’est déjà de la violence. ", Cécile Diot, infirmière aux urgences de l'hôpital de Soissons.
 


Le grand débat national 

Pour les professionnels, chaque ministère (Santé, Éducation, Intérieur, Agriculture...) a multiplié les annonces, sans vraiment convaincre les grévistes. Mais pour calmer la grogne des gilets jaunes, Emmanuel Macron propose la mise en place d'un "grand débat national" pour aborder tous les points qui cristallisent la colère des manifestants. Car si la mobilisation est née à l'origine en réaction à l'augmentation du prix du gasoil, elle s'est étendue à divers faits de société : inégalités, injustice fiscale, pouvoir d'achat... Élus, associations ou simples citoyens se sont emparés de l'idée du président de la République pour organiser des temps d'échanges. À Belloy-sur-Somme, c'est un prêtre qui a proposé d'en organiser un... dans une église.

"Ce qui m'a frappé, c'est l'immense sentiment d'abandon qui est ressorti de ce débat, de se dire "on ne compte plus pour personne, on n'intéresse plus personne", ça, c'est porté comme une souffrance.", Nicolas Jouy, curé de la paroisse de Flixecourt.
 
 

La sécheresse et l'agriculture

Dans le secteur agricole, il n'y a pas que les décisions politiques qui ont inquiété les professionnels : la sécheresse a eu des conséquences dramatiques. En Picardie, certains encaissent jusqu'à 40% de baisse de leur production de maïs, et 20% sur la production de betteraves. Dans le même temps, les pâtures étaient trop sèches pour nourrir les bêtes d'élevage, et dans l'Oise, des hectares de champs sont partis en fumée, au point que la préfecture s'est vue contrainte d'ordonner l'arrêt des moissons.

"C'était pire que le gel. On se dit que là, il se passe quelque chose, il y a un changement climatique important, même en Picardie.", Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA.
 


Lubrizol, catastrophe industrielle... et agricole

La sécheresse n'a pas été le seul coup dur pour les agriculteurs cette année. L'incendie de l'usine Lubrizol, classée Seveso, à Rouen, a eu des conséquences bien au-delà de la Normandie. Le nuage de suie s'est répandu dans la région picarde, et par mesure de précaution, certains agriculteurs ont reçu l'interdiction provisoire de vendre leur production.

"On se posait beaucoup de questions : est-ce que notre lait est vraiment pollué ? Est-ce qu'il peut contaminer la population ?", Jean-Christophe Grandin, éleveur laitier.

Un trou dans la chaussée à Amiens

Voilà un événement bien moins grave mais qui a lui aussi surpris au-delà des frontières de la Picardie. En plein été, la chaussée s'est effondrée en centre-ville d'Amiens. Un trou de 5 mètres de profondeur et 10 mètres de largeur s'est formé juste sous la terrasse d’une brasserie, qui a été obligée de fermer pendant un mois par mesure de sécurité. L’incident survenu dans la nuit n’avait fait aucune victime mais a fait beaucoup parlé dans la capitale picarde. 

« Les clients nous ont apporté la force, on a eu une solidarité énorme. Ils nous ont dit qu’il fallait rouvrir, et le jour de l’ouverture, ils sont tous venus avec des fleurs, des chocolats… », Sandra Bécu, gérante de la brasserie La bonne humeur à Amiens.
 


Agnès Thill exclue de LREM


C'était l'autre feuilleton de l'été : l'exclusion d'Agnès Thill de La République en Marche. Habituée des tweets polémiques, la députée a tenu des propos jugés homophobes par des associations LGBT lors du débat sur la procréation médicalement assistée. Les responsables du parti s'en sont désolidarisés et ont prononcé son exclusion le 26 juin. Aujourd'hui encore, elle crie au scandale et dénonce cette décision. 

 "Cette exclusion est injuste, j’ai été exclue pour mes idées, et c’est un délit d’opinion.", Agnès Thill députée de l’Oise.
 

 

La belle saison du FC Chambly

Mais dans l'Oise cette année, c'est plutôt la ville de Chambly qui a attiré tous les regards ! Et plus particulièrement, son club de foot, le FC Chambly Oise. Après un magnifique parcours en Coupe de France en 2018, pour ses 30 ans, le club a réussi l'exploit de monter en Ligue 2 après une victoire à Concarneau le 19 avril 2019. Une prouesse pour la commune de 10 000 habitants, et un bel hommage à Walter Luzi, "Pépé", le fondateur du club décédé en 2018.

"L'objectif c'est le maintien, et la coupe de France, ce serait la cerise sur le gâteau" Thibault Jaques, capitaine du FCCO.
 


L'exploit du SQBB 

À Saint-Quentin aussi l'année a été marqué par une prouesse sportive : le club de basket de la ville est monté en Pro B, grâce à une victoire au Havre le 17 juin. La consécration pour les basketteurs saint-quentinois qui attendaient ça depuis trois ans... et pour le nouvel entraîneur, qui était jusque là adjoint.

"J'essaie de baser le jeu sur une défense qui permet après aux joueurs de s'exprimer en attaque. C'est difficile à mettre en place mais on va mettre ce style en place : défendre pour pouvoir courir ensuite.", Thomas Giorguitti, entrâineur du SQBB
 
 

Le mystère résolu de la Joconde nue 

Enfin, la belle surprise de l'année, c'était à Chantilly. Un mystère vieux de plusieurs siècles a été résolu. Un dessin représentant une femme nue, et présentant des similitudes avec Mona Lisa. Mais il aura fallu de nombreuses études en laboratoire pour déterminer l'auteur de ce chef d'oeuvre conservé au musée Condé... Finalement, les experts ont levé le voile : il s'agirait bien d'une oeuvre de Léonard de Vinci. Une annonce qui a ravi les amateurs d'art, et le conservateur du musée.

"Léonard de Vinci n'a pas voulu représenter un homme ou une femme, il a voulu représenter l'idéal de la beauté, qui est pour lui un idéal androgyne.", Mathieu Deldicque, conservateur du musée Condé de Chantilly.
 











 

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