Nos confrères du journal local en ligne Le Téléscope d'Amiens l'annoncent sur leur site: fin avril, le journal sera en liquidation. Pour les 4 salariés-associés de cette Scop, c'est la fin d'une aventure entamée en septembre 2012.
Début décembre, Le Télescope d'Amiens avait alerté ses abonnés sur les difficultés financières qu'il rencontrait. Pour remonter la pente, il fallait que le nombre d'abonnements augmente de manière significative.
Un appel entendu par les Amiénois puisque 150 d'entre eux avaient rejoint le contingent d'abonnés. Le Télescope d'Amiens en compte aujourd'hui 650, apparemment pas suffisant pour permettre aux 3 journalistes et à l'illustrateur de se verser un salaire décent: depuis le début de l'aventure, ils ne pouvaient se verser que 127€ par mois. Une situation devenue "insupportable" pour les salariés-associés. Il leur aurait fallu 2000 abonnés...
Une décision qui s'est donc imposée à chacun d'eux: le Téléscope d'Amiens sera en cessation d'activité fin avril, date à laquelle s'arrêteront les abonnements. Le journal ne sera néanmoins pas en liquidation judiciaire puisqu'il pourra payer ses factures.
Le modèle économique du Télescope a probablement eu raison du journal: hors de question pour les salariés-associés de renflouer les caisses avec des fonds extérieurs, "c'était la condition à une information indépendante", selon Fabien Dorémus, journaliste au Télescope. "Mais on ne le prend pas comme un échec. On se dit que si ce que l'on proposait n'était pas bon, on n'aurait pas dépassé les 50 abonnements...Et on en a quand même 650..."
Les abonnements s’arrêteront à la fin du mois d'avril et d'ici là, la rédaction continue à travailler normalement.
"Lorsque nous avons lancé le journal en septembre 2012, nous avions consacré un long reportage en bandes dessinées sur les conditions de création du Télescope d'Amiens. Pour boucler la boucle, nous publierons dans les prochaines semaines un nouveau reportage en bandes dessinées consacré, cette fois-ci, à la fermeture du journal. (...) D'ores et déjà, un grand merci à celles et ceux qui nous ont soutenus depuis le début ou en cours de route".