Qui est Sylvain Dubois, l'ex-animateur de centre aéré de Bourbourg accusé de centaines de viols sur mineurs ?

Image d'archives / © Philippe HUGUEN / AFP
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L'audience à la Cour d'Assises de Douai a été consacrée au portrait de l'accusé ce jeudi. 

Par AFP

Un gars bien, "dévoué" mais "très secret": à l'ouverture de son procès jeudi à Douai (Nord), Sylvain Dubois, ex-animateur de centres aérés poursuivi pour des dizaines de viols et agressions sexuelles sur mineurs, est apparu comme un homme à la vie intime insondable, y compris pour ses proches.

"Je n'ai jamais violé personne. Je reconnais uniquement des relations sexuelles consenties, avec des personnes majeures", a répété l'accusé, très combatif et impassible dans le box, dans une chemise boutonnée jusqu'au cou. "J'ai connu des femmes, des hommes" mais "j'ai fait mon coming out en garde à vue (...) Moi, c'est un peu +vivons bien, vivons cachés+ (...) je ne mets pas en avant ma vie sexuelle", a-t-il résumé à la présidente de la Cour d'assises, visiblement agacé d'être interrogé sur sa vie privée.

Sylvain Dubois, 52 ans, est accusé de multiples viols et agressions sexuelles sur sept jeunes garçons, âgés de 6 à 17 ans au moment des premiers faits, de manière répétée entre 1990 et 2015. Il était alors employé par la mairie de Bourbourg, notamment en tant qu'animateur dans un centre de loisirs pour adolescents situé dans un quartier défavorisé. La majorité des faits auraient eu lieu dans le logement de fonction qu'il occupait au-dessus du centre et où il recevait régulièrement des adolescents, selon lui dans un cadre "amical". Plusieurs plaignants l'accusent d'avoir poursuivi les abus après leur majorité, se disant "dépendants" d'une relation "d'emprise". 
 

Univers cloisonnés


"Mon fils est innocent ! C'est un gars bien, aimé de tous !", a lancé sa mère devant la Cour. "J'avais ses clés, j'allais souvent chez lui, laver son linge, à n'importe quelle heure" et "n'ai jamais vu quoi que ce soit !", a-t-elle affirmé, Sylvain Dubois éclatant alors en sanglots.

Mais "je ne savais rien" de sa vie intime, "je ne l'ai jamais vu" en couple avec un homme ou une femme, a-t-elle reconnu, expliquant que "dans la famille, il y a beaucoup de pudeur, on ne parle pas de sexe".

Ni le frère de l'accusé, ni son ex-petite amie Laurence, ni son meilleur ami Francis n'en savaient beaucoup plus. "Nous allions dans des bars gay, je savais qu'il fréquentait des clubs gay, mais pas plus", a lâché Francis, évoquant la "pudeur" de son ami. 

Issu d'une famille modeste, Sylvain Dubois dit avoir vécu une enfance "sereine", dans un "climat de respect", auprès de sa mère au foyer, et d'un père chauffeur et jardinier au "caractère bien trempé". Leur divorce l'a toutefois progressivement coupé de sa relation avec son père, aujourd'hui décédé. 

Après des études "aléatoires", il entre à la mairie de Bourbourg au début des années 1990, où il exerce plusieurs fonctions d'animation auprès d'adolescents et publics en difficulté. Attiré au départ par des femmes, il dit avoir "découvert sa bisexualité vers 25 ans" puis avoir enchaîné des relations sans lendemain mais "respectueuses et consenties" avec des hommes.
 

"C'est un beau mec !"


"Avez-vous déjà été amoureux, vécu une passion ?", demande la présidente. "Non, mais il n'est jamais trop tard", répond-il, évoquant seulement son "amour" adolescent pour Laurence. "Entouré", "dévoué", "serviable" : famille, amis et collègues ont décrit à l'enquêtrice de personnalité un homme "gentil", "sensible", "prévenant" et "de confiance", l'ancien maire de Bourbourg louant son "excellent contact avec les jeunes" et parlant même "d'osmose". Mais il est aussi vu comme "maniaque, têtu" et "narcissique".

"C'est un beau mec", avec "une belle voiture, une belle moto", attirant tous les regards, a détaillé son frère. Pour les deux gendarmes interrogés jeudi, M. Dubois était au contraire "froid" et "hautain".

"Il a cloisonné complètement les univers. Personne ne sait rien de sa vie privée, même les gens très proches (...) A côté, il avait une vie cachée, effroyable", a jugé David Brouwer, avocat du principal plaignant, rappelant que "sept victimes l'accusent", décrivant toutes "la même chose".


 

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