Pour Ruffin, la baisse des contrats aidés est “minable”

© François Ruffin
© François Ruffin

La mobilisation des élus contre la baisse annoncée des contrats aidés se met en place. Tandis que le gouvernement a annoncé que le dispositif était "peu efficace" et "onéreux", François Ruffin, député dans la Somme, parle "d'économies à la petite semaine" qu'il juge "minables".

Par Célia Mascre

François Ruffin, nouvellement élu député dans la première circonscription de la Somme, a passé son vendredi en visite dans des Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Comme c'est le cas quotidiennement, il raconte sa journée sur sa page Facebook. Naturellement, il aborde le sujet des contrats aidés, remis en question par le gouvernement. 

"Je n'ai pas forcé : le sujet est venu tout seul, mis sur la table à chaque rencontre, comme une inquiétude qui grandit dans les établissements", relate-t-il. 

"Faites quelque chose pour les contrats aidés"

François Ruffin partage les témoignages qu'il a entendus lors de cette journée.  "Ils sont bien gentils de nous les supprimer, mais ils proposent quoi à la place ? Parce que les contrats aidés, ils sont indispensables. Le matin pour les levers, les soirs pour les couchers, sans les renforts, c'est pas possible", raconte Virginie, aide-soignante en gériatrie à l'Ehpad de Saint-Riquier. 

"La première chose, c'est : faites-quelque chose pour les contrats aidés. [...] En octobre, j'en ai un qui se termine, et sur ses épaules repose le ménage de tout un étage. Comment je fais ? On ne fait plus le nettoyage ? Plus d'animation, non plus ? En tout, j'en ai trois, pour 2,3 postes. Je n'ai pas le budget", s'inquiète Laurent Poulin, directeur de l'Ehpad Notre Dame à Abbeville.  

"Minable"

"Les annonces de la ministre relèvent, simplement, d'économies à la petite semaine : gratter quelques dizaines de millions ici, quelques centaines là, sans visée, sans stratégie, minable", s'insurge sur sa page Facebook le député LFI François Ruffin, qui veut se persuader que le gouvernement va faire un pas en arrière. "Le gouvernement a, sur ce dossier, commis une nouvelle maladresse. Il va reculer. Il va se rendre compte que, au fond, ces contrats aidés répondent plutôt à son idéologie : ils sont payés à un prix plancher, font baisser les chiffres du chômage, rendent les travailleurs dociles, et tout ça, pour un coût dérisoire."


"Dispositif onéreux" et "peu efficace"


Les communes ont fréquemment recours à ce type de contrats dans le secteur périscolaire : auxiliaires de vie, accompagnateurs, aide à la restauration... Mais le dispositif est jugé "onéreux" et "peu efficace par le gouvernement. "Si les emplois aidés avaient été un instrument efficace de lutte durable contre le chômage, ça se serait vu", a estimé vendredi le Premier ministre Edouard Philippe lors d'un déplacement dans le Gers.

"On aura l'occasion d'avoir ce débat à l'occasion de la présentation du budget, je ne vais pas préempter les sujets qui relèvent du Parlement", a-t-il fait valoir à propos de l'inquiétude des élus.

293.000 contrats aidés sont au total programmés cette année, nettement moins que les 459.000 signés en 2016. 

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