À Ligescourt dans la Somme, la patronne de La Bohème rouvre son restaurant malgré l'interdiction

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Écrit par Eline Erzilbengoa avec Dominique Patinec

Alors que les restaurants sont fermés depuis le 29 octobre 2020 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, une restauratrice de Ligescourt dans la Somme a décidé de rouvrir son établissement malgré l'interdiction.

Au menu, lundi 1er février, de la tartiflette ! Malgré l'interdiction d'ouvrir les restaurants dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, Kathia Boucher, patronne de l'établissement La Bohème à Ligescourt dans la Somme, a décidé de braver l'interdit.

Le même jour, les annonces du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, prévoyant de suspendre le fonds de solidarité pour les restaurateurs qui rouvrent, n'ont pas fait reculer la gérante. "Moi je ne perdrai rien, puisque je n'ai rien. Pour moi cela ne change pas grand chose", lance-t-elle.

Les recettes du jour vont lui permettre de faire face aux charges fixes, "histoire de respirer un peu". Car depuis le premier confinement, les temps sont durs. Kathia Boucher est obligée de cumuler deux emplois en plus de son activité. "Je suis contrôleuse qualité, je contrôle des pièces de véhicules et je fais aussi du ménage", confie-t-elle. 

"Il faut absolument qu'on retrouve nos vies"

Lors de la réouverture de son établissement, la gérante ne cache pas son soulagement, elle qui a dû vendre sa maison pour reprendre ce restaurant : "je n'ai pas le choix, je veux sauver mon entreprise et retrouver mes clients.

D'ailleurs, le premier à s'attabler vient de Fort-Mahon à 30 kilomètres de là. "J'aurais pu faire 100 ou 150 bornes pour venir manger, affirme-t-il. Cela me révolte de voir tous les petits commerces et restaurants fermés."

Ce lundi pour cette réouverture, les forces de l'ordre n'ont pas tardé à intervenir. "Effectivement il y a une infraction dans la mesure où le client sait pertinemment qu'il n'a pas à manger sur place. Il le fait quand même pour marquer le coup je veux bien comprendre mais c'est interdit. On est donc obligés de constater et il sera sûrement verbalisé", affirme l'un des gendarmes. Dans ce cas, les amendes sont dissuasives : 135 euros pour les clients et plusieurs milliers pour les gérants. 

"On les attendait, confie Kathia Boucher. Ils sont là pour faire leur travail, comme je suis là aussi pour faire le mien. Cette réouverture c'était vraiment pour marquer le coup, il faut que le gouvernement prenne en compte que la situation ne peut plus durer. Il faut absolument qu'on retrouve nos vies."