Grande Guerre : de la Chine à l’Algérie, ces villes marraines qui ont financé la reconstruction d’Albert

Samedi 9 novembre, la ville d'Albert a honoré les quatre villes qui ont financé sa reconstruction après la première guerre mondiale. Entre la Chine, l’Angleterre et l’Algérie, découvrez ces marraines de guerre qui ont contribué à soigner la gueule cassée de la Somme.  
 
La ville d'Albert, dans la Somme, a été détruite à 90% pendant la première guerre mondiale.
La ville d'Albert, dans la Somme, a été détruite à 90% pendant la première guerre mondiale. © Ville d'Albert
Bordeaux, Birmingham, Tien-Tsin et Aïn-Temouchent. De l’Asie à l’Afrique du Nord en passant par le Royaume-Uni, ces villes aussi éloignées les unes des autres ont pourtant un point commun : toutes ont aidé à la reconstruction de la ville d’Albert après la première guerre mondiale.
 

Albert, une ville anéantie


Enjeu de violents combats, la ville d’Albert est victime de nombreux tirs d’artilleries pendant la première guerre mondiale. Détruite à 90%, le siège de la Communauté de Communes du Pays du Coquelicot  n’est plus qu’un champ de ruines lors du départ des troupes allemandes en août 1918.
 
Parmi les bâtiments détruits, le dôme de la basilique d’Albert marque les esprits. Victime d’un projectile allemand en 1915, la statue de la Vierge placée au sommet de l’édifice bascule et penche dangereusement au-dessus de la place d’Armes. La Vierge restera ainsi à l'horizontale jusqu’à la rénovation de la basilique.
 
La "Vierge penchée" de la basilique d'Albert.
La "Vierge penchée" de la basilique d'Albert. © Archives INA
 

Quatre villes marraines


À la fin des hostilités, le monde entier reste sidéré par la violence du conflit. Emues, plusieurs villes des quatre coins du globe décident spontanément d’aider Albert à se reconstruire.
  
Pourquoi ces deux dernières villes ? L'histoire ne le dit pas : "C'était une aide spontanée, explique Claude Cliquet. Cela se faisait à  l'époque, c'était un signal positif pour aider la ville à renaître de ses cendres".


Un devoir de mémoire


Un siècle plus tard, la cité d’Ancre tenait à rendre hommage aux villes marraines ayant contribué à sa renaissance. Chaque ville marraine a droit à sa propre rue. La semaine dernière, la commune d’Aïn-Temouchent a été la dernière à avoir une plaque à son nom. "Le chemin Aïn-Temouchent relie symboliquement les rues du 11 novembre et du 8 mai" souligne Claude Cliquet.
 

Samedi 9 novembre, une œuvre mémorielle a été inaugurée en leur honneur dans le jardin public, en présence des représentants des quatre cités. Cette œuvre a été construite par des collégiens et des lycéens de la ville avec des briques rouges. "C’était pour faire un clin d’œil à ce matériau utilisé pendant la reconstruction de la ville" précise Stéphane Demilly, député de la Somme et ancien maire d’Albert.
 
Si les vestiges de cette générosité spontanée s’affichent fièrement sur les murs de la ville, la mairie a souhaité exprimer une dernière fois sa gratitude avec une citation empruntée à l’écrivain Andersen. Gravée dans l’esprit des Albertins, cette citation s'affichera désormais éternellement sur l’œuvre des écoliers : "La reconnaissance est la mémoire du cœur".

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
première guerre mondiale histoire sorties et loisirs