Amiens : une nuit avec le personnel gréviste de l’hôpital Philippe Pinel

Malgré le froid et la précarité du campement, le personnel gréviste de l'hôpital Pinel tient bon / © F. Castaingts
Malgré le froid et la précarité du campement, le personnel gréviste de l'hôpital Pinel tient bon / © F. Castaingts

Depuis deux mois, le personnel gréviste de l’hôpital Pinel d’Amiens campe nuit et jour devant l’établissement pour demander de meilleures conditions de travail. Malgré le froid et la précarité du campement, les employés ne se découragent pas. 
 

Par MCP avec F. Castaingts

Depuis deux mois, un campement de fortune se dresse devant les grilles de l’hôpital psychiatrique Philippe Pinel. De jour comme de nuit, le personnel gréviste fait vivre le camp. Tentes, chapiteaux et tables de fortune ont été installées sur la pelouse. Des guirlandes lumineuses ont même été installées pour rendre le camp moins morose.
 
Une nuit avec les grévistes de l'hôpital Pinel
Avec Prescilia Warmé, infirmière à l'hôpital psychiatrique Philippe Pinel ; Chrystèle Leclercq, infirimière à l'hôpital psychiatrique Philippe Pinel ; Isabelle Basset psychologue à l'hôpital sychiatrique Philippe Pinel. Un reportage de Florie Castaingts et Etienne Breil.

Sur les tables, des jeux de société pour tuer le temps, des corbeilles de fruit et des biscuits. Régulièrement, des habitants d’Amiens viennent apporter quelques denrées pour remonter le moral des troupes malgré le froid qui s’installe. « J’ai espoir qu’un jour ça change pour nos patients et pour le personnel. Et pour ne plus vivre la continuité de ma mauvaise journée parfois à la maison, explique Priscilia Warmé, infirmière. Ce n’est pas vraiment un sacrifice que je fais ici, c’est comme un investissement. On est ici pour que ça change ».

Dans certains services, les soignants sont à peine deux pour s’occuper de 26 patients. La fronde a débuté par une grève classique il y a trois mois, mais le personnel a décidé de monter ce camping sauvage pour alerter les pouvoirs publics. « Nous, on veut construire un projet où le patient et le soin sont au cœur des décisions, et pas seulement les économies » résume Chrystèle Leclercq, infirmière.
 

Loin de se décourager, les grévistes se relaient sur le camp 24heures sur 24. « Certains soirs, des gens nous apportent à manger, d’autres soirs c’est quelqu’un qui va préparer pour tout le monde, raconte Isabelle Basset, psychologue à l’hôpital. Et d’autres fois on commande. Mais il y a beaucoup de soirées kebabs quand même ! »

Après 90 jours de grève et 61 nuits sous la tente, les grévistes ont enfin reçu une bonne nouvelle. L’une de leur revendication a été acceptée : une table ronde réunissant tous les acteurs de la santé leur a été accordée. Début des négociations prévues le 25 septembre 2018.
 

 

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