À Amiens, les pigeons ramiers ravagent les cultures maraîchères des hortillonnages

Dans les hortillonnages d'Amiens, le confinement a eu une conséquence inattendue : privés de nourriture en plaine, les pigeons ramiers ont envahi les parcelles maraîchères et grignotent les plantations. Les profesionnels sont désemparés et voient les pertes s'accumuler.

D'habitude nourris pas les chasseurs, les pigeons ramiers ont dû se nourrir dans les hortillonnages pendant le confinement.
D'habitude nourris pas les chasseurs, les pigeons ramiers ont dû se nourrir dans les hortillonnages pendant le confinement. © F.Levasseur/FTV

"Vous arrivez à 12h-12h15 et ils sont déjà 80-70. Ça fait des dégâts." Et de montrer ce qui reste d'une salade repiquée trois jours plus tôt : quasiment rien. Tous les jours, les pigeons ramiers envahissent les parcelles maraîchères de Francis Parmentier, dans les hortillonnages d'Amiens. En 15 jours, ses cultures ont été ravagées.

10 000 salades bonnes à jeter

Depuis le mois d'avril, les maraîchers installés sur ces terres marécageuses baignées par la Somme ont perdu entre 30 et 40 % de leurs cultures à cause de ces oiseaux. Une perte qui représente jusqu'à 2000 euros par mois. Des milliers de plants de radis, de choux, de poireaux picorés, arrachés et piétinés. Dans l'un des ses champs, Francis Parmentier a jeté 10 000 salades.

"Ils volent à trois mètres de nous et on ne peut rien faire", déplore le président de l'association des hortillons, les yeux au ciel. Une situation inédite due à la crise sanitaire. Les pigeons ramiers sont en général nourris par les chasseurs en plaine. Ils deviennent alors des cibles faciles à tirer. Mais pendant le confinement, l'agrainage a été interdit et les pigeons, affamés, se sont rabattus sur ce qu'ils trouvaient. En l'occurrence, les légumes plantés dans les hortillonnages. Des mets de choix qui ont sédentarisé les volatiles.

6000 euros de filet de protection

Pour éviter les attaques de pigeons, Francis a choisi de couvrir ses cultures d'un filet. "Ça nous revient quand même à 2000 euros l'hectare. Donc, pour couvrir toute ma surface, il faudrait 5000 à 6000 euros de filet", compte-t-il. Des filets dont les pigeons font fi : ils continuent malgré leur installation à picorer à travers les mailles.

L'autre solution serait d'obtenir l'autorisation de la préfecture pour les chasser. Pour Francis Parmentier, c'est le seul moyen efficace de lutter contre ce fléau, d'autant "qu'il n'y a pas un hortillon qui n'ait pas un chasseur dans son entourage ou qui ne soit pas chasseur lui-même"

Le pigeon ramier est classé nuisible dans la Somme. Il peut être chassé du 1er avril au 30 juin. Mais il faut pour cela une autorisation préfectorale individuelle. En dessous de trois hectares, un seul poste de tir fixe est autorisé. "Nous aimerions les chasser avec autre chose qu'une petite carabine, car ça nécessite trop de proximité et ils s'enfuient avant, explique Francis Parmentier. On voudrait aussi avoir le droit de les tirer au vol. Il pourrait y avoir des horaires: tôt le matin, le midi et le soir, lorsque les pigeons viennent manger, par exemple." Il en va de la prochaine récolte.

 

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