Banania aux Prud’hommes d'Amiens : chacun campe sur ses positions

Le 15 avril 2019, la quarantaine de salariés de Nutrimaine Banania à Faverolles s’est retrouvée sans emploi. Un reclassement avait été proposé, mais aucun des salariés n’avaient accepté. Jeudi 4 juin avait lieu la première étape de la procédure au conseil des prud’hommes d'Amiens.
L'avocate maître Meriem Ghenim et les anciens salariés de Banania aux prud’hommes d’Amiens jeudi 4 juin
L'avocate maître Meriem Ghenim et les anciens salariés de Banania aux prud’hommes d’Amiens jeudi 4 juin © FTV

Tous les salariés avaient été convoqués mais en raison de la crise sanitaire, la séance aux prud’hommes à Amiens s’est déroulé à huit clos.

Les représentants syndicaux des 39 ex-salariés ont attendu dans le couloir. Une attente de courte durée, la séance a été très brève. La direction est venue sans proposition de conciliation. Ce qui n’est pas une surprise pour l’avocate des ex-salariés, maître Meriem Ghenim. "La direction campe sur ses positions en disant qu’il a avait des difficultés économiques qui justifiaient la fermeture du site. En réalité, l’expertise que nous avons commandé nous donne assez d’éléments pour démontrer qu’il n’y avait pas besoin d’investissements complémentaires dans l’usine. Elle n’était pas vétuste, elle était aux normes, certifiée IFS (International Food Standards) et surtout il n’y avait pas de problème de rentabilité", assure-t-elle.

100 000 euros d’indemnités demandées

Les salariés, dont la plupart ont plus de 35 ans d’ancienneté, savent que l’usine ne rouvrira pas car les machines ont été délocalisées en Allemagne. Ils veulent cependant rester confiants quant à la décision du tribunal. Ils réclament la reconnaissance du licenciement abusif et 100 000 euros de dédommagements pour un salarié qui a plus de 35 ans d’ancienneté. 

"Aujourd’hui on attend une grosse indemnité et j’espère bien qu’elle sera au-dessus du barème Macron, dont les montants sont insignifiants : environ 20 mois de salaire seulement !", explique Franck Bizet

Représentant au comité social économique, Jérôme, tout aussi combatif, était loin d’imaginer une telle fermeture alors que selon lui, l’usine tournait mieux que celle en Allemagne. "Le groupe Krüger, actionnaire majoritaire a voulu sauver son usine allemande plutôt que la nôtre. C’est injuste ! Banania appartenait au patrimoine français. L’unique usine française de la célèbre marque depuis 1973 dans la Somme, qui comptait 125 salariés dans les années 1990, n’aurait jamais dû fermer."

Nouvelle audience lundi prochain. Elle concernera les cadres de l’entreprise. Les ex-salariés et leur avocate restent optimistes et rêvent d’une décision du tribunal à la hauteur du préjudice. Pour l’heure, la décision des prud’hommes d’Amiens est attendue au premier trimestre 2021.

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