"C’est comme dans Iron Man" : un chercheur à l’UPJV d’Amiens décroche une bourse pour ses lunettes de réalité mixte conçues pour aider les fabricants de batteries

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Professeur et chercheur à l’université Picardie Jules Verne, Alejandro Franco est lauréat de la bourse Proof of Concept de l’European Research Council. Il va pouvoir tester à l’échelle industrielle ses logiciels permettant d’optimiser la fabrication des batteries au lithium grâce à des lunettes de réalité mixte.

Une distinction de plus pour Alejandro Franco, et pas n’importe laquelle. Le professeur et chercheur à l’université Picardie Jules Verne (UPJV) fait partie des 166 lauréats de l’appel à projets Proof of Concept de l’European Research Council (ERC).

Dans un communiqué, l’UPJV précise qu’il est "le seul chercheur issu d’un établissement universitaire à s’être vu discerner cette distinction, aux côtés de grandes institutions comme le collège de France ou l’école des Mines."

Grâce à cette bourse, Alejandro Franco va bénéficier de 150 000 euros sur 18 mois pour tester au niveau industriel notamment un prototype logiciel intégré à des lunettes de réalité mixte offrant une assistance technique en temps réel aux fabricants de batteries.

2 millions d'euros en 2017

Pour bien comprendre les recherches effectuées par ce chercheur enseignant à l’UPJV depuis 2013, il faut remonter 4 ans en arrière. En 2017, Alejandro Franco obtient une bourse ERC de 2 millions d’euros pour son projet Artistic.

"Il s’agissait de faire un programme informatique capable d’optimiser les recettes de fabrication des batteries. Pour un gâteau réussi, il faut prendre en compte plusieurs éléments comme le temps de cuisson, et bien les batteries c’est pareil. Et le programme informatique permet de gagner du temps dans l’optimisation de cette recette."

Désormais, le chercheur souhaite passer à l’étape suivante, le projet n'est pas simple à comprendre, mais Alejandro Franco est pédagogue. "Ce logiciel informatique, on va le mettre en réalité augmentée pour permettre aux chercheurs qui fabriquent des batteries d’optimiser en temps réel cette fabrication, détaille-t-il. C'est comme Iron Man ou les héros de Marvel qui manipulent des hologrammes avec les mains, et bien c’est la même chose."

Autrement dit, les fabricants vont pouvoir voir des informations digitales qui se superposent au monde réel. Et ils percevront en temps réel des guidages pour fabriquer de meilleures batteries utilisées pour faire fonctionner les véhicules électriques par exemple.

Un travail d'équipe

Pour mener à bien ce projet, l'équipe de travail du chercheur est actuellement composée d'une quinzaine de personnes. Mais Alejandro Franco veut s'entourer de deux nouveaux ingénieurs : "un travaillera sur l'aspect logiciel et l'autre sur l'ergonomie des lunettes pour qu'elles soient faciles à utiliser et répondent aux règles de sécurité".

Cette nouvelle bourse fait en tout cas la fierté du professeur : "Déjà à l'époque, 2 millions d'euros c'était exceptionnel. C'était super pour un seul chercheur. Maintenant, l'ERC Proof of Concept donne beaucoup d'appuis pour chercher à commercialiser des découvertes donc c'est aussi une fierté. Et je dois reconnaître que c'est vraiment un travail d'équipe."

Un défi dont le professeur aime parler à ses étudiants pour illustrer ses cours. Désormais, il espère pouvoir commercialiser ses logiciels via une start-up ou des transferts de licence. "On verra quel sera le meilleur chemin, mais je suis déjà fier. J'ai travaillé très dur pour. J'avais déjà tenté en 2020, j'y étais presque et là, je suis très content. (...) et dans le monde de la batterie, il faut des recherches transdisciplinaires, c'est l'esprit de mes recherches..."