Covid-19 - À Amiens, les professionnels de l'événementiel face aux annulations en cascade : "c'est à nous de s'adapter, on n'a pas le choix"

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Écrit par Eline Erzilbengoa avec Narjis El Asraoui
Pierrick Larive, traiteur à Amiens, subit les annulations de commandes pour les fêtes de fin d'année à cause de la crise sanitaire.
Pierrick Larive, traiteur à Amiens, subit les annulations de commandes pour les fêtes de fin d'année à cause de la crise sanitaire. © Clément Jean-Pierre / FTV

À cause de la recrudescence des cas de Covid, beaucoup événements festifs en cette fin d'années sont annulés. Résultat, les traiteurs et professionnels de l'événementiel s'inquiètent de voir leurs carnets de commandes moins remplis que d'habitude.

Les annulations s'enchaînaient déjà depuis quelques semaines. Mais après les annonces du gouvernement lundi 6 décembre, demandant de restreindre les grandes réunions, elles se sont nettement accélérées.

"Pour ce matin, mardi 7 décembre, on a déjà une perte de chiffre de 20-25% sur le mois, indique Pierrick Larive, traiteur à Amiens. Et l'on sait que l'on a encore des clients qui sont un petit peu frileux, donc on s'attend encore à de nouvelles annulations. Ce sont majoritairement des entreprises, et des organismes comme le département, les municipalités... Ça, ça se prend une claque monumentale."

Pour ce traiteur, l'événementiel représente 60% de son activité et le mois de décembre, le plus gros mois de l'année. "C'est à nous de s'adapter, on n'a pas le choix, concède-t-il. Il faut juste espérer que 2022 se passe mieux."

Pierrck Larive mise alors sur les plats à emporter et les petites réceptions entre particuliers. "Notre stratégie n'est pas de mettre un gros point de vente, mais des petits placés comme il faut et aller vraiment à la rencontre du client sans attendre qu'il vienne."

Des aides attendues

Anticipation et adaptation sont donc les maîtres-mots pour ces professionnels du secteur. Yann Capart, chef d'une entreprise dans l'événementiel, doit composer avec un calendrier presque vide jusqu'en janvier. Il reproche notamment aux entreprises d'être trop prudentes. "J'ai parfois des annulations pour 15 ou 20 personnes dans une salle de 300 m², alors que dans ces mêmes entreprises, ils se retrouvent autour de la machine à café. Pour le coup, je trouve que c'est réellement excessif.

Dans son entreprise, une salariée est déjà au chômage partiel. Yann Capart attend désormais des indemnisations. "Depuis des mois, je crie haut et fort que des entreprises comme les nôtres, qui ne peuvent pas travailler pour des raisons sanitaires, doivent être indemnisées sur des bases d'excédents bruts d'exploitation, c'est-à-dire sur leurs capacités de production, ce qui me semblerait beaucoup plus équitables plutôt que du forfait qui veut tout dire et rien dire.

Les organisations professionnelles ont d'ores déjà demandé au gouvernement un retour du fonds de solidarité et du chômage partiel pour l'ensemble du secteur. Le Premier ministre a promis que ce secteur bénéficiera d'aides pour passer ces fêtes de fin d'année, mais au cas par cas. 

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