Week-end d'intégration mortel : pourquoi l'organiser en Belgique ? demande la ministre de l'enseignement supérieur

C'est lors d'une fête organisée par les étudiants de la faculté de pharmacie d'Amiens qu'un jeune homme est décédé. / © Google
C'est lors d'une fête organisée par les étudiants de la faculté de pharmacie d'Amiens qu'un jeune homme est décédé. / © Google

Dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 septembre, un étudiant de la faculté de pharmacie de Rouen a trouvé la mort lors d'un week-end d'intégration organisé par l'association des étudiants de pharmacie d'Amiens en Belgique.

Par Jennifer Alberts


C'est Frédérique Vidal, ministre de lʼEnseignement supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation qui l'a annoncé sur son compte Twitter, relayant un communiqué de son ministère : dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 septembre, un étudiant de pharmacie de Rouen a trouvé la mort en marge d'un week-end d'intégration organisé en Belgique.
 

Un week-end organisé en Belgique


Âgé de 23 ans, la victime était inscrite en 4ème année de pharmacie à Rouen. Il participait à ce week-end organisé par la corpo de pharma d'Amiens avec plus de 200 autres étudiants venus de 16 facultés de pharmacie mais essentiellement d'Amiens. Il se déroulait dans un village vacances de Vencimont en Belgique pour la quatrième année.

Ce type de séjour est organisé chaque début d'année scolaire pour chaque faculté de pharmacie pour ses étudiants. Ces étudiants en pharma venurs d'autres villes se joignent régulièrement et de leur propre initiative à ces week-ends comme c'était le cas du jeune Rouennais.
 

A pied sur une route mal éclairée


C'est en marge de ce séjour que l'étudiant de Rouen a trouvé la mort, a précisé l'Université Picardie Jules Verne.  Il aurait été percuté par un véhicule alors qu'il circulait à pied sur la route qui menait au village vacances. "Il s’agit d’une route régionale pas du tout éclairée et il y avait du brouillard. (...)", explique la magistrate de garde du parquet de Namur à des journalistes belges. 

On ne sait pas si la personne était décédée avant ou si c’est le véhicule qui l’a percuté, selon le Parquet de Namur


L'automobiliste, croyant rouler sur un animal, a continué sa route. Il a pu être interpellé quelques heures plus tard.
 

Des cellules psychologiques mises en place


Aucun participant n'aurait pas assisté aux faits. Ce sont les autorités locales qui auraient découvert le corps samedi matin et auraient averti les étudiants.

Dès qu'elle a appris le drame, l'Université Picardie Jules Verne a mis en place deux cellules d'écoute : l'une à destination des étudiants présents à la manifestation, l'autre des organisateurs. Elles sont actives depuis lundi matin et jusqu'à la fin de la semaine. Une cellule de soutien psychologique a également été mise en place par l'Université de Rouen.

La ministre s'interroge


Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation La ministre de l'Enseignement supérieur sur les raisons de l'organisation en Belgique de ce week-end d'intégration : "je souhaite interroger avant toute chose le fait qu'un week-end d'intégration ait été organisé à l'étranger", a-t-elle déclaré, évoquant la possibilité d'un "choix volontaire" pour "se soustraire à ce que demande la charte". 

En octobre dernier, la ministre avait fait signer une charte relative à l'organisation des événements festifs aux universités et associations étudiantes. Elle faisait suite au décès le même mois d'un étudiant de 20 ans en chirurgie dentaire à l'université de
Rennes lors d'un week-end d'intégration, en raison d'une trop forte consommation d'alcool.

Une charte signée par les fédérations étudiantes et les universités


Dans cette charte, les organisateurs devaient renseigner leur programme, leur budget, les "risques accidentels liés au lieu" et la quantité d'alcool prévue. Cette charte ne constitue en rien une obligation légale. Mais Frédérique Vidal a par ailleurs reçu ce mardi 17 septembre les fédérations d'associations d'étudiants.

"La probabilité que l'alcool soit en jeu est très forte", Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur 


Dans un appel lancé à "tous les jeunes", elle les a enjoint: "par pitié, ne mettez pas votre vie en danger".
 





 

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