Une presse à bras présentée au public pour Le printemps des poètes

© France 3 Picardie
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Dans le cadre de la 20e édition du Printemps des Poètes, un atelier de typographie a été reconstitué à l'Office de Tourisme d'Amiens les 10 et 11 mars 2018. L'association le Cadratin et Vincent Guillier y présentent une presse à bras du XIXe siècle.

Par Camille Dicrescenzo

Le Printemps des Poètes revient pour la vingtième fois. Cette année, le public peut découvrir une presse à bras du XIXe siècle à l'office de tourisme d'Amiens, en face de la cathédrale.
Ces samedi et dimanche, l'association Cadratin et Vincent Guillier animent ce petit atelier d'imprimeur avec à la disposition du public des caractères en bois et des vignettes pour réaliser des affiches ou des cartes poétiques à la façon de Gutemberg. 

Une des plus belles réalisations de l'histoire de l'imprimerie


La presse à bras qui est présentée est une "Stanhope" de 1820, du nom de son inventeur Lord Stanhope qui la met au point à la fin du XVIIIe siècle. Lord Stanhope la conçoit tout en fonte (400 kg), avec un chariot coulissant (ou marbre) que l’on déplace à l’aide d’une manivelle pour qu’il vienne s’insérer juste au dessous du plateau de la presse (la platine). La rigidité du métal, la manivelle, la largeur du marbre et surtout la puissance de la pression ont contribué à augmenter considérablement le rendement des tirages même si, dans le principe, le processus d’impression ne change pas vraiment depuis la première presse mise au point à Mayence dans l’atelier de Gutenberg. 

La Stanhope a remplacé dans les ateliers d’imprimerie les presses en bois, dès le début du XIXe siècle, à peu près en même temps qu’apparaît la machine à fabriquer le papier en continu de Louis-Nicolas Robert, dernière machine traditionnelle.

Retour aux belles lettres 


Depuis près de dix ans, l'association le Cadratin de Jouy, propose de transmettre des connaissances et des savoir-faire qui permet aux passionnés de découvrir le genèse de la constitution d'un livre. En présentant ce meuble d'imprimeur, des casses, des caractères anciens, une pierre à ancrer, des rouleaux et du papier, chaque visiteur peut repartir avec une phrase poétique de son invention ou une citation qui le touche particulièrement. Des modèles de pages déjà composées sont aussi présentées. 

Une partie de ce matériel vient de l'association du Cadratin, à Cergy-Pontoise, qui a sauvé de la destruction un grand nombre de presses d'imprimerie. 

En 2015, Vincent Guillier qui anime l'atelier a créé avec deux amis (Dominique Scaglia, Benjamin Bayard) les éditions des Voix de Garage. Dans peu de temps, ils arriveront à dix petits livres entièrement faits à la main, qui sont vendus chez des libraires complices et à l'occasion de salon du livre ou de lectures, à des prix ne dépassant généralement pas les 10 euros.

Ouverture de l'atelier à l'entrée de l'office de tourisme : 9h30 - 18h 
la presse à bras « Stanhope » de 1820
Image d'Arnaud Wust
itv Vincent Guillier, éditeur typographe
Propos recueillis par Julien Guéry et Arnaud Wust

 

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