Cette entreprise adaptée située à Saint-Quentin-Lamotte fait face à un mouvement de grève inédit de plusieurs salariés. Ils demandent une revalorisation de leur salaire et une amélioration de leurs conditions de travail. Une nouvelle réunion est prévue prochainement avec la direction, mais la mobilisation ne faiblit pas.
Le mouvement de grève ne faiblit pas aux Ateliers Picards de la Vallée de la Bresle à Saint-Quentin-Lamotte (Somme). Au sein de cet ESAT (établissement et service d'accompagnement par le travail), les travailleurs, en majorité en situation de handicap, demandent une augmentation de leur salaire et une amélioration des conditions de travail.
"On demandait un euro de l'heure et on nous a proposé" en moyenne "18 centimes brut", à l'issue d'une réunion en avril dernier, explique Ghislain Damerval, délégué CGT. Il souligne qu'en juillet, il n'a pas pu être présent à la signature d'un accord. "Je n'ai pas été présent, mon fils a eu le cancer, c'est mon collègue qui a signé, mais ce n'est pas à lui de le faire, c'est au délégué syndical de signer !".
"La situation n'a pas évolué"
Depuis, rien n'a changé et "la situation n'a pas évolué", regrette Ghislain Damerval. Il pointe du doigt sa direction qu'il qualifie de "profiteurs", puisqu'elles reçoivent des aides étatiques. C'est pourquoi la grève se poursuit, à peu près tous les deux jours, à raison de deux heures l'après-midi pour éviter une grosse perte de salaire pour les travailleurs mobilisés.
"C'est très dur vu qu'on fait grève. On n'est pas beaucoup, cinq à six" sur 80. Il comprend que ses collègues ne se mobilisent pas tous, car les fins de mois sont souvent difficiles une bonne partie d'entre eux qui sont rémunérés à hauteur du SMIC (soit 1 334 € bruts en 2024 ndlr) "En une journée de grève pleine, on perd 70 €".
Ghislain Damerval se dit "déçu" avant de se raviser : "ce n'est même pas déçu, c'est honteux !". Il rappelle qu'à Noël, les salariés n'ont pas eu de prime. "Ça m'a beaucoup choqué, je n'ai pas offert de cadeau à ma femme, ni à mon fils".
"On bosse pour un rien"
Il soutient que ses collègues sont dans un état d'esprit similaire. Beaucoup travaillent? mais ne sont pas rémunérés, selon lui, à leur juste valeur. Ghislain Damerval travaille dans l'entreprise depuis vingt ans, mais son salaire "n'a jamais évolué".
Les grévistes sont déterminés à se faire entendre et à obtenir leurs revendications. Une autre grève est prévue ce vendredi 13 septembre de 14h30 à 16h30. Une réunion aura également lieu avec le directeur général mercredi prochain.