Le 27 décembre, le ministère de l'agriculture prenait un arrêté détaillant les zones d'interdiction d'utilisation de produits phytosanitaires agricoles. Appelées zones de non traitement ou ZNT, elles contraignent les agriculteurs à ne pas pulvériser à proximité des habitations et des lieux publics.
5 mètres pour les cultures basses dont les céréales et le maïs. 10 mètres pour les cultures arboricoles, les vignes, les rabres et les arbustes. Et 20 mètres pour "les substances les plus préoccupantes". Depuis le 27 décembre, les agriculteurs doivent respecter des zones de non traitement (ZNT) autour des habitations (la distance est calculée entre la zone d'épandage et la bordure du champ) dans leur utilisation des pesticides agricoles. Un arrêté pris le 27 décembre dernier par le ministère de l'Agriculture les y obligent désormais. Une contrainte qu'ils refusent, jugeant les conséquences économiques trop importantes pour leur profession.
Ce lundi 20 janvier, à l'appel de la Coordination Rurale, une centaine d'agriculteurs se sont mobilisés devant la Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt à Amiens.Venus de tous les Hauts-de-France, ils bloquent l'accès au site avec une dizaine de tracteurs. Ils veulent le retrait pur est simple des ZNT. Et s'oposent à un moratoire. La Coordination rurale estime que "ces ZNT sont un mensonge d’État, un déni de la réalité économique, scientifique, environnementale et sanitaire".
"Demander un moratoire c’est reculer pour mieux sauter. Certains essayent juste de gagner du temps ou sauver la face", explique Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale dans un communiqué.
Une position radicale que ne partagent pas la FNSEA et les JA. Vendredi 17 janvier, à l'appel des deux syndicats, 70 agriculteurs ont également manifesté devant les bureaux du ministère de l'Agriculture à Amiens. Ils demandent un moratoire sur cette mesure. Selon Laurent Degenne, président de la FRSEA des Hauts-de-France, cette décision "ne protègera en rien les riverains et aura un impact économique sur les agriculteurs. On demande un moratoire sur cette mesure. On demande qu'elle soit suspendue".
Sur place, ils ont pu brièvement rencontrer Xavier Bertrand , le président du conseil régional et ont été reçus pendant plus d'une heure par les services de l'État.