Le roi des Belges, Philippe, a appelé jeudi ses compatriotes à ne pas se "laisser intimider" et à ne pas se "diviser" face à la menace terroriste, dont il a fait l'unique thème de ses voeux traditionnels de Noël.
"Face à la menace terroriste, nos autorités ont réagi avec calme, rapidité et détermination", s'est félicité le souverain belge au terme d'une année qui a vu
Bruxelles pour la première fois placée en état d'alerte maximale pendant plusieurs jours fin novembre. Neuf personnes ont déjà été inculpées en Belgique dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris du 13 novembre.
"Les événements récents ont prouvé combien il est important d'investir dans la justice, la police, l'armée et les services de renseignements", a souligné Philippe, dans un contexte où les manques d'effectifs et de moyens de ces acteurs sont régulièrement montrés du doigt en Belgique.
"Pour défendre notre société, il est aussi primordial de ne pas nous laisser intimider et de ne pas nous diviser", a insisté le roi des Belges, appelant le pays à rester "ouvert". Évoquant les "compatriotes d'origine étrangère", le roi a souligné qu'ils étaient "les fils et les filles de ce pays". "Ne confondons pas ceux qui dévoient leur religion avec ceux qui la pratiquent dans le respect des valeurs universelles de l'humanité", a-t-il plaidé, tout en appelant à la "tolérance zéro par rapport aux discours de haine".
S'adressant en particulier à la jeunesse, il l'a appelée à aller "à la découverte de l'autre dans sa culture et ses convictions philosophiques et religieuses", contrairement au "fanatisme" - un terme qui est revenu à cinq reprises dans son discours - qui "lui, refuse tout débat".
Philippe avait déploré début décembre des "futilités" à propos d'informations parues dans la presse française, relevant qu'il se trouvait en séjour dans un palace breton fin novembre, alors que Bruxelles était placée en état d'alerte. Le journal satirique Le Canard Enchaîné avait notamment publié une photo le montrant en peignoir, un livre à la main et sirotant un jus de fruit lors de ce bref séjour.
Le roi des Belges dispose de peu de pouvoirs réels dans cette monarchie constitutionnelle, mais il joue traditionnellement un rôle de médiateur entre les partis lors des crises politiques.