Un rapport dénonce les “dérives“ de ”radicalité islamiste” dans des clubs sportifs amateurs

Les services de renseignement font état de "dérives" et de phénomènes de "radicalité islamiste" dans quelques clubs sportifs implantés dans des quartiers populaires en France, notamment dans le Nord Pas-de-Calais.

Par AFP

"Nous sommes inquiets, mais nous ne sommes pas les bras ballants et nous essayons d'apporter une réponse répressive, mais aussi préventive" à ce phénomène, a déclaré
jeudi sur RTL
le secrétaire d'État aux Sports, Thierry Braillard. De source policière on a confirmé à l'AFP l'existence d'un rapport, datant de quelque temps, du Service central du renseignement territorial (SCRT) s'intéressant au "repli communautaire" observé dans des quartiers populaires en France et cité par la radio.

Il cible des "dérives" de "radicalité" dans quelques clubs sportifs implantés dans ces quartiers, a dit la source policière. Dans une "petite partie d'entre eux", des animateurs sont pour certains recensés par les services de renseignement comme étant de la "mouvance salafiste", un courant fondamentaliste déjà bien implanté dans une centaine de mosquées en France.

Roubaix, Tourcoing et Lille

Selon la source policière, des clubs sont cités dans ce rapport de 13 pages comme  à Roubaix-Tourcoing (Nord), en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), à Perpignan, Lille ou en région parisienne comme Mantes-le-Jolie (Yvelines). Ici, selon le rapport, des "tapis de prière" ont été sortis pour "prier lors de la mi-temps" d'un match de football, là des prières ont eu lieu dans les vestiaires, ailleurs encore il y a des femmes voilées dans une équipe féminine. Stéphane, un dirigeant de club nordiste a témoigné sur RTL : "Une fois, une équipe a joué avec des vêtemnts non autorises par le réglement, notamment des bas etc... J'ai déjà des équipes demander à décaler le début d'une rencontre de quelques minutes pour pouvoir terminer la prière dans les vestiaires. C'est rare mais ça existe."

Des animateurs de clubs sont identifiés dans le rapport comme étant des "salafistes", toujours selon la source, mais aucun ne semble avoir été l'objet de fiches de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le service antiterroriste. Le rapport du SCRT souligne enfin que certains élus prêtent attention à ce phénomène notamment dans l'attribution de leurs subventions.

Pas une pratique répandue

C'est le "traditionnel travail" du renseignement de s'intéresser à ces pratiques et de "possibles dérives pouvant en résulter". Le phénomène n'est pas "négligé" par les services mais pas "généralisé", selon la même source policière. Le rapport est une synthèse de notes envoyées par les services locaux du SCRT ciblant et donnant quelques exemples qui sont loin d'être une "pratique répandue" mais "font l'objet d'une attention particulière".

"Nous sommes saisis du dossier, cela nous préoccupe, il faut agir", a dit M. Braillard sur RTL, "et nous travaillons de concert, c'est-à-dire que nous avons des informations entre le ministère de l'Intérieur et le ministère des Sports, sans aucun problème, qui sont confidentielles". "On travaille ensemble et on voit ce phénomène comme un phénomène qu'il faut combattre et non pas qu'il faut laisser faire", a-t-il insisté.

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