La CGT et FO appellent ensemble, ce qui est une première, à une journée de mobilisation ce mardi 5 mars, contre le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi, auquel ils entendent faire barrage.
Signé le 11 janvier par trois centrales syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC) et par le patronat, l'accord sur la sécurisation de l'emploi, retranscrit dans un projet de loi, sera présenté en Conseil des ministres demain.
Il "organise une plus grande flexibilité pour les salariés, un recul de leurs droits individuels et collectifs au bénéfice des employeurs", estiment les deux confédérations qui appellent à manifester partout en France ce mardi.
Elles comptent sur leurs organisations territoriales et professionnelles pour "créer les conditions de la mobilisation la plus large possible au travers de rassemblements, de manifestations et arrêts de travail dans les régions, départements et localités".
Ce matin, la manifestation est partie à 10h00 de la Place Saint-Pierre à Caen. Elle se poursuit encore à l'heure qu'il est.
L'initiative conjointe de FO et de la CGT est inédite dans les annales du syndicalisme depuis la scission de la CGT en 1947 qui a donné naissance à FO.
C'est pour "aider" le ministre du Travail, Michel Sapin, à "trouver les bonnes réponses face à cet accord, que la CGT et FO "ont décidé d'une action commune", avait affirmé le leader de la CGT, Bernard Thibault.
"Nous allons joindre nos forces pour essayer de dissuader le gouvernement et la majorité des députés de commettre l'impair important que représenterait l'adoption" de l'accord, a renchéri son homologue de FO, Jean-Claude Mailly.
FSU et Solidaires, alliées traditionnelles de la CGT, se sont se ralliées au mouvement.
L'accord du 11 janvier a été salué par François Hollande comme "un succès du dialogue social", qu'il s'est engagé à inscrire dans la Constitution, et dont il entend faire un moteur de réformes.
Les députés écologistes ont fait savoir qu'ils se prononceront fin mars sur ce projet de loi, tandis que le Front de gauche annonce ce mardi qu'il déposera "plusieurs centaines d'amendements" contre lui.
Reportage à Caen : Thierry Cléon et Charles Bézard